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2014 : une année mémorable pour l’olive de Nyons

20 ans d’AOC, cela se fête ! Cet anniversaire sera célébré tout au long de l’année 2014 par des événements organisés autour de l’Olive dans certaines communes du Sud de la Drôme et du Nord du Vaucluse, territoire de production de celle que l’on appelle aussi la « tanche ».


2014 : une année mémorable pour l’olive de Nyons
Si le cœur est aujourd'hui à la fête, l'obtention de l'AOC, la première de France dans le domaine oléicole, est le résultat d'un long parcours semé d'embûches. Elle est aussi le produit d'une histoire indissociablement liée à celle de la tranche, la plus septentrionale des olives.

Cette espèce est d'ailleurs la seule à être capable de non seulement survivre mais aussi de s'épanouir dans le climat parfois rude et les paysages vallonnés propres à la région. Ici, pas question de culture intensive: près de la moitié des oliviers sont situés en zone dite de montagne avec tout ce que cela suppose en matière de pente et de fragmentation de parcelles. Les "restanques", murets de pierres sèches si typiques du paysage nyonsais, sont là pour témoigner des efforts des producteurs pour rationnaliser l'organisation du sol et limiter l'érosion.

Le climat, même s’il n’est plus tout à fait méditerranéen en conserve toutefois quelques-unes de ses particularités : des pluies abondantes en automne et au printemps, une température hivernale de six degrés en moyenne, un froid progressif s’accentuant de novembre à février, des gelées nocturnes faibles mais présentes et un air sec.

Un ensoleillement exceptionnel assure le mûrissement des fruits et le mistral du début d’hiver assèche l’air et ride les olives. Commencent alors les travaux de récolte : de décembre à janvier, les olives sont cueillies sur l’arbre, à pleine maturité, donc noires, ce qui leur confère leurs arômes si particuliers de pomme verte, de fruits secs et de noisettes. Si la tanche ne craint pas la rudesse et qu’elle en tire même la complexité de sa saveur, les gels successifs, dont celui de 1956, n’ont toutefois pas manqué d’avoir des conséquences dramatiques.

Le nombre d’oliviers a baissé de plus de la moitié depuis le début du 20ème siècle,  certains oléiculteurs préférant se reconvertir, totalement ou partiellement, à la culture de la vigne ou d’autres arbres fruitiers.

Cette épreuve  a toutefois contribué à resserrer les liens entre les producteurs. Sept ans après le gel de 1956, est créée la Confrérie des chevaliers de l’Olivier, qui a pu compter sur la participation active de l’écrivain Jean Giono. Ce n’était toutefois qu’une première étape : au-delà des difficultés auxquelles ils avaient été confrontés, les oléiculteurs aspiraient à faire reconnaître les spécificités de la tanche et empêcher les moutons noirs de la profession de vendre de l’huile dite de Nyons quand celle-ci ne provenait pas de tanche et qu’elle était produite hors de la zone habituelle de culture. Les producteurs, représentés par le Syndicat de la Tanche, décrochèrent ainsi, en 1968, après avoir bien bataillé, une appellation d’origine judiciaire, la seule en France.

Ils ont ensuite poursuivi leurs efforts pour obtenir, en 1994, une Appellation d’Origine Contrôlée, devenue entretemps AOP (Appellation d’Origine Protégée, l’équivalent AOC au niveau européen), qui est également la première en France pour ce type de produit. Pour pouvoir en bénéficier, il faut remplir toute une série d’exigences, dont la déclaration des vergers d’oliviers auprès de l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine), l’analyse et la dégustation de tous les lots pour l’obtention de l’agrément, un calibre minimal, une préparation sans produits chimiques et une extraction codifiée en termes de température et de délai entre la cueillette et l’extraction qui ne doit pas dépasser six jours.


Et bien sûr, il y a l’exigence de variété – il faut que la tanche représente au moins 95% du verger  - de rendement (6 T/h) et de récolte qui doit se faire sur l’arbre. Aujourd’hui, l’AOC couvre 35 communes dans la Drôme et 18 dans le Vaucluse.

C’est donc dans ce périmètre que les événements de cette année « mémorable »  seront organisés pour célébrer la « tanche », dont la fête de l’olive piquée de Nyons organisée, comme chaque année d’ailleurs, le samedi précédant Noël, la fête de l’Alicoque (mi-janvier ou début février selon que l’on est à Buis-les-Baronnies ou à Nyons), une journée autour de l’Olive de Nyons à Buis-les-Baronnies agendée le 10 mai 2014 et la traditionnelle Fête des Olivades et son aïoli géant, qui se déroule traditionnellement autour du 14 juillet et qui aura lieu, cette année, les 19 et 20 juillet.

Pour en savoir plus: Baronnies Provençales

Texte  © Christine Ansermet
Photos © Didier Rousselle

Le saviez-vous ?

La production d’olives est le fruit d’un travail acharné qui démarre, dès le mois de février et jusqu’à avril, par la taille des oliviers, étape indispensable pour assurer la santé des arbres et favoriser des récoltes plus régulières.

Des efforts récompensés, début juin, par les milliers de petites fleurs blanches regroupées en grappes qui égayent les champs d’oliviers de toute la région.

Vient ensuite l’été accompagné parfois de grosses chaleurs et de sécheresse qui peuvent entraîner la chute des jeunes oliviers que seuls un arrosage délicat et un traitement du sol régulier peuvent empêcher.

Août et septembre, c’est le temps du grossissement des fruits et la période où sont enlevées les pousses partant de la base du tronc que l’on appelle aussi les « rejets ». Fin septembre, commence la récolte des premières olives « vertes », les autres sont maintenues sur l’arbre jusqu’en décembre et janvier, avec l’espoir que le froid et la neige ne les gèlent pas. Elles acquièrent alors leur couleur noire bleutée et leurs arômes caractéristiques.





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