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Aoste : une histoire millénaire

Aoste, petite ville alpine de 35'000 habitants et chef-lieu de la Vallée du même nom, concentre dans ses murs un nombre étonnamment élevé de vestiges romains encore bien visibles. Un régal pour les amateurs d’histoire.


La Vallée d’Aoste, plus petite région italienne située au carrefour des Alpes occidentales, a été occupée dès la période préhistorique. Après les Salasses, une population d’origine celto-ligurienne et avant les Burgondes et les Longobards, les Romains dominèrent ce point de passage stratégique durant cinq siècles. En laissant derrière eux, notamment à Aoste, le chef-lieu de la région, d’imposantes traces de leur présence.
 

La plupart des monuments ont été édifiés vers 25 av. J.-C, suite à la conquête par l’empereur Auguste de la ville rebaptisée alors « Augusta Praetoria ». Pour célébrer la victoire, un arc de triomphe, l’Arc d’Auguste, monument doté d’une seule arche, austère à l’image de l’architecture de la fin de la République, a été érigé, là aussi en l’honneur de l’empereur conquérant.

A voir également la porte prétorienne, « Porta Prateroia »,  située dans la partie orientale des remparts, qui servait d’accès principal à la ville.

Elle présente trois ouvertures toujours visibles aujourd’hui : la plus grande, au centre, réservée aux chars et les deux latérales dédiée aux piétons. Entre les ouvertures, l’aménagement d’un espace  servait de place d’armes. Les ouvertures tournées vers l’extérieur comportent des rainures, encore visibles aujourd’hui, dans lesquelles coulissaient des grilles qui étaient abaissées durant la nuit.
 

De la guerre et des jeux

Guerriers et conquérants, les romains ne négligeaient pas pour autant la détente et les loisirs, comme en témoigne la vaste zone à proximité de la porte prétorienne qui abritait le théâtre et l’amphithéâtre.

Il ne subsiste que quelques ruines éparses de l’amphithéâtre aux mensurations d’origine pourtant impressionnantes – près de 100 m de long –  qui constituent notamment aujourd’hui une partie de la structure  du couvent Saint-Joseph. 

Beaucoup plus visibles sont en revanche les vestiges du théâtre adjacent avec sa façade haute de 22 mètres composée de trois rangées d’ouvertures de formes différentes. Il subsiste encore de ce monument qui pouvait accueillir jusqu’à quatre mille personnes, le tracé des gradins semi-circulaires et les fondations du mur qui délimitait la scène.

Le cryptoportique : monument spectaculaire à vocation mystérieuse

A voir absolument, le cryptoportique situé à quelques pas de la place principale d’Aoste et de sa cathédrale : galerie souterraine à trois bras de près de 80 m2 de long, parfaitement conservée, dont la vocation demeure un mystère. Une chose semble néanmoins sûre : construite à la même période que les autres vestiges romains de la ville, la construction avait pour principale fonction de stabiliser et d’égaliser le terrain, en l’occurrence en légère pente dans cette partie de la ville. Une explication pratique qui ne justifie peut-être pas à elle seule la création de ce monument imposant.

Aoste : une histoire millénaire
La fonction d’entrepôt et de grange militaire a été écartée par les archéologues en raison notamment de l’emplacement dans la ville romaine laissant supposer une fonction plus symbolique qui demeure à définir. Au Moyen Âge, le cryptoportique, qui bénéficie d’une température constante toute l’année, est transformé en caves, comme en attestent les représentations de l’époque, et se fait appeler « Marché des Romains » par la population.

Plus ancien encore : Saint-Martin de Corléans

Aire archéologique avant même d’être musée, le site de Saint-Martin de Corléans situé à la périphérie occidentale d’Aoste raconte l’évolution préhistoire et historique de la région, depuis la fin du Néolithique. Les fouilles archéologiques ont débuté en 1969 jusqu’à nos jours sur une profondeur comprise entre 4 et 6 mètres.

Une fois l’entrée du bâtiment franchie, le visiteur descend dans le passé jusqu’à la préhistoire, soit vers 4000 ans avant J.-C. Il découvre alors un espace qui, sous un jeu de lumières recréant les différents moments de la journée, témoigne des traces de vie millénaires retrouvées sur le site : dolmen, stèles couchées, trace des labours.

Aux différents étages situés en surplomb, six sections racontent l’histoire de l’humanité à travers les découvertes faites à Saint-Martin-de-Corléans, des labours aux tombes en passant par les meules à froment, les poteaux et les stèles anthropomorphes.

Texte et photos: Christine Ansermet

Plus d'informations: Vallée d'Aoste
 

Vallée d'Aoste





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