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Bansko : un bijou de vieille ville à découvrir

Située dans le sud-ouest de la Bulgarie, à quelque 170 km de Sofia, Bansko est surtout connue pour sa station de sports d’hiver. Cette ville au riche passé historique recèle également quelques trésors qui méritent le détour.


Bansko : un bijou de vieille ville à découvrir
Plonger dans la vieille ville de Bansko, c’est s’offrir un voyage dans le passé. Les maisons que l’on découvre sont caractéristiques des 18ème  et 19ème siècles, époque prospère mais aussi troublée par les efforts des Bulgares pour secouer le joug ottoman auquel ils étaient soumis depuis des siècles. C’était le temps du réveil, de la renaissance ou du renouveau bulgare, le temps aussi où l’école se généralisait et sortait des monastères pour se faire laïque.

Les maisons de Bansko, uniques dans leur genre, sont à l’image de cette époque : demeures-forteresses intégrées dans des murs d’enceintes percés de meurtrières et dotés de portes épaisses. Construites comme des petits fortins, elles disposent de cheminées et de cachettes mais aussi de cours intérieures et de jardins. Aujourd’hui, certaines de ces maisons ont été transformées en tavernes, les « Mexana », et d’autres en musées

Maison natale de Neofit Rilski

Certainement l’un des meilleurs exemples de maison fortifiée de la fin du 18ème siècle qui a conservé pratiquement tous ses éléments d’origine. Située dans une grande cour entourée de murailles massives et d’une porte en bois, elle se compose d’un rez-de-chaussée auquel on accède par une porte minuscule, esprit défensif oblige et moyen selon la légende, de faire incliner la tête du visiteur devant le propriétaire en signe de respect. On découvre alors dans la pénombre une cuisine équipée de deux fours, ce qui est plutôt inhabituel pour l’époque, une pièce pour conserver les denrées et une cachette reliée à un passage secret sous la maison pour permettre à la famille de s’échapper en cas de besoin.

Le second étage abrite un salon et une salle d’école. La maison appartenait en effet à la famille de Neofit Rilski, fondateur de l’éducation laïque en Bulgarie à qui l’on doit également la première grammaire bulgare. Né en 1793 à Bansko dans une famille de commerçants et de diplomates, il fit des études de peintures d’icônes à Bansko avant d’exercer son art au Monastère de Rila où il devint moine puis abbé. Il consacra sa vie à la science et à l’éducation. La maison est demeurée en possession de sa famille avant d’être transformée en musée en 1981, date du centième anniversaire de son décès.

Maison-musée de Neofit Rilski située au centre-ville de Bansko à côté de l’Eglise de la Sainte-Trinité

Eglise de la Sainte-Trinité

Plus grand monument religieux jusqu’à la construction de la cathédrale Alexandre Nevski à Sofia, l’Eglise de la Sainte-Trinité a été érigée en 1835 à l’initiative de Lazare German, un commerçant local. La tour ornée d’une horloge mécanique créée en 1866 par l’artisan autodidacte local Todor Hadzhijardonov mérite le  coup d’œil.

Entourée d’un enclos qui s’ouvre sur un jardin, l’église possède une belle galerie à arcades peintes de blanc et de bleu qui mène à l’entrée. Au-dessus du porche, on peut apercevoir une croix orthodoxe entourée de deux croissants musulmans  qui rappelle que, pour construire une église, la ville, soumise à l’époque à la  domination ottomane, devait demander l’autorisation du Sultan. L’intérieur à trois nefs est impressionnant avec ses peintures qui couvrent l’ensemble de l’édifice, de véritables chefs-d’œuvre réalisés par Veljan Ognev, et ses icônes sculptées en bois, présentes notamment dans l’iconostase sculpté et peint que l’on doit à Dimitar et Simeon Molerov. Un bel exemple représentatif de l’école d’art de Bansko.

Eglise de la Sainte-Trinité en plein centre ville repérable à sa tour

Maison natale du poète Nikola Yonkov Vaptsarov

Transformée en musée en 1952, la maison natale de Nikola Yonkov Vaptsarov rend un vibrant hommage à celui qui, tombé sous les balles des nazis en 1942, est considéré comme l’un des plus grands poètes bulgares.

Ingénieur de formation et de profession, il n’écrivait que durant ses loisirs et a publié  en 1942 un seul recueil de poèmes dédié pour l’essentiel au monde de l’industrie.

Défenseur des droits des travailleurs et communiste convaincu opposé au régime de Boris III et au nazisme, il a été arrêté et exécuté en juin 1942.

En 1952, il s’est vu décerner à titre posthume le Prix d’honneur du Conseil mondial de la paix et une sélection de ses poèmes a été publiée à Londres en 1954 avant d’être traduite dans une centaine de langues.

Maison natale de Nikola Vaptsarov, 3 place Vaptsarov


Maison du peintre Velyan Ognev

Une autre demeure construite au 18ème siècle intéressante pour ses fresques signées de Velyan Ognev à qui l’on doit les peintures de l’Eglise de la Sainte-Trinité. Offerte à l’artiste par la commune de Bansko qui l’avait invité pour décorer l’église, la maison avait été occupée précédemment par une riche famille de marchands. Fortifiée selon ce qui se faisait à l’époque, elle comporte un vaste jardin, une salle de bains, ce qui est plutôt rare pour l’époque, plusieurs chambres et un atelier. Une belle demeure que l’artiste n’a jamais quittée après avoir épousé la sœur du peintre Neofit Rilski.

Maison du peintre Velyan Ognev à côté de l'Eglise de la Sainte Trinité 

Texte et photos  © Christine Ansermet

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