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Château d’Aulan: la passion d’une famille

Ici c'est le pays de Toulourenc qui signifie « tout ou rien » en Provençal. Un paysage sauvage et dépouillé. Un étroit défilé de gorges et, au bout de la route, se dresse le château d'Aulan. Une bâtisse fière et solitaire perchée sur un éperon rocheux situé à 750m d'altitude.


© Château d'Aulan
© Château d'Aulan
Construit au 12ème siècle dans un but strictement stratégique, maintes fois pillé, ruiné et incendié, le château a perdu son usage défensif au fil des remaniements. Il en a conservé toutefois tours, donjons et mâchicoulis. Un extérieur qui contraste avec un intérieur sensiblement plus fantaisiste: les meubles anciens et les objets de famille sauvés des pillages se mêlent aux souvenirs de voyages lointains. Un château atypique dont chaque pièce raconte l'histoire des Suarez d'Aulan, la famille qui le possède depuis le 17ème siècle.

Une dynastie qui a pour particularité d'avoir rebâti sans cesse sa demeure, parfois pierre par pierre. Sans jamais renoncer. En suivant son cri de guerre : « Mas alto » (toujours plus haut). Après sa destruction totale à la Révolution, le château est progressivement reconstruit au 19ème siècle par Louis et son fils Arthur Suarez d'Aulan. Des bâtisseurs visionnaires puisque ce sont également eux qui ont érigé l'Etablissement Thermal de Montbrun les Bains et reboisé la région en réintroduisant les premiers pins noirs d'Autriche.

Avec la première guerre mondiale, le château est à nouveau entièrement détruit. Au début des années 1930, le jeune Comte Charles de Suarez reprend le flambeau en même temps que la truelle et la fourche. Il entasse les pierres, remeuble, fait les foins. La seconde guerre mondiale éclate: le château, bien que transformé en P.C. de la résistance, demeure cette fois miraculeusement intact.

Suit alors une période beaucoup plus sereine. Le château s'embellit encore grâce à la passion de Charles de Suarez qui y vécût jusqu'à son décès en 2004. Il inspira plusieurs écrivains, dont Jean Giono et René Char, tandis qu'Albert Camus, séduit par le site, envisagea d'y résider pour terminer « Le premier homme ».

Une histoire de courage et de détermination mais aussi d'humour et de fantaisie qui se découvre aujourd'hui au travers d'une visite guidée.

Pour en savoir plus: Château d'Aulan

Texte © CCA

 

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