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Châtillon-sur-Chalaronne : la petite Venise de la Dombes

C’est en plein cœur de la Dombes, pays aux mille étangs situé à égale distance de Mâcon, de Lyon et de Bourg-en-Bresse et à moins de deux heures de Genève, que se découvre Châtillon-sur-Chalaronne.


Châtillon-sur-Chalaronne : la petite Venise de la Dombes
Petite ville millénaire, dont l’histoire mouvementée s’est inscrite dans le fil des alliances, tour à tour propriété du sire de Beaujeu au début du 13e siècle avant d’être offerte en dot au sire de la Bresse et rejoindre, de ce fait, la Savoie à la fin du même siècle. Avec le traité de Lyon de 1601 qui met fin à la guerre franco-savoyarde, Châtillon est rattachée, comme le reste de la Bresse, à la Bourgogne et donc au Royaume de France.

Un passé historique à découvrir

La cité, qui dénombre aujourd’hui quelque 5000 habitants, a conservé quelques beaux témoignages de ce foisonnant passé. La vieille ville comporte, notamment à la Place des Halles,  de nombreuses maisons à colombages,  construites sur la base d’une armature en bois que l’on remplissait avec de l’argile, des pierres ou des branches.

La plus ancienne, qui date du 13e siècle, a été transformée en grenier à sel en 1772 avant de devenir, à une époque beaucoup plus récente un cabinet  de radiologie. Elle se situe à la Place de Saint Vincent de Paul que borde l’ancien couvent des Ursulines où l’on trouve également une statue dédiée à Vincent de Paul. La maison où il résida durant cinq mois en 1617 se situe à la Place des Halles. Il ne subsiste plus beaucoup d’éléments de cette époque à part l’escalier et la porte. La chambre de Vincent de Paul a été transformée en chapelle par les sœurs de la communauté  Saint Vincent qui achetèrent la maison au 19ème siècle. Le fondateur de la Charité est représenté sur les vitraux de l’Eglise Saint-André, église située en plein cœur de la vieille ville et dont la construction a débuté au 13e siècle.
 

A noter que Châtillon compte également quelques autres personnages illustres, parmi lesquels Philippe Commerson, qui prit part à l’expédition de Bougainville en 1776 en tant que botaniste et naturaliste du roi. Il recueillit 3000 espèces totalement nouvelles, dont une plante de Chine qu’il nomma Hortensia en l’honneur d’Hortense de Nassau, fille du prince de Nassau et gouverneur de l’île de Bourbon. Châtillon, qui, depuis 1991, détient le Grand Prix National du fleurissement – une récompense sont seule une soixantaine de villes en France peut se prévaloir –  a d’ailleurs choisi l’hortensia pour emblème.

Autre figure marquante de la petite ville : Raymond Sarbach, un pharmacien débarqué de Suisse, à qui l’on doit la mise au point, en 1947, de la pommade à la pénicilline. Son entreprise, qui portait son nom, a compté plus de 1'000 collaborateurs, avant d’être rachetée par le géant américain Abbott Solvay. Raymond Sarbach a largement contribué au fleurissement de sa ville.
 


Halles du 17e siècle et porte de Villars

A ne pas manquer les halles en bois construites au 17e siècle, après une première version érigée au 15e siècle mais détruite par un incendie en 1670.

Tous les samedis matins, une soixantaine de producteurs locaux présentent, sur près de 300m d’étals, des produits frais de saison, cerises, asperges, pommes, noix, des fromages, volaille, gibier,  poissons, dont les fameuses carpes de la Dombes, et des fleurs. Pas de produits manufacturés. Une petite production de vêtements, de chaussures et de petits mobiliers est toutefois proposée en centre-ville le samedi matin.

A l’extrémité des halles, sur la gauche, tournant le dos aux visiteurs du marché, une statue en bois qui rappelle le Manneken-Pis annonce les toilettes publiques dans une version plus pudique que son homologue bruxellois.

Un peu loin, se dresse la porte de Villars, la seule des quatre portes érigées lors des travaux de fortification de la ville effectués au tournant du 14e siècle à avoir subsisté.  Construite par les ducs de Savoie, elle remplissait initialement une fonction défensive avant d’être vendue en 1709  à Philibert Collet, le maire de la ville, qui la transforma en « maison de maître ».

Aujourd’hui, elle abrite une maison d’hôtes dans laquelle de très anciens papiers peints sont conservés. http://portedevillars.free.fr/

A voir également à Châtillon

Musée du Train miniature, 96, place des Halles

L’œuvre d’un passionné, Patrick Crolle, débutée dans les années 1980 sur une table de cuisine avant de prendre une ampleur phénoménale et de se transformer en musée du train miniature en 2000.

Une trentaine de trains, 300 wagons et au moins autant d’automates qui animent près d’un kilomètre de rails avec un souci extraordinaire des détails. Des Alpes en passant par Lyon et la gare mythique des Brotteaux, une halte au restaurant de Bocuse avant de foncer sur la Provence et découvrir le moulin d’Alphonse Daudet et les carrières du Roussillon. Un voyage extraordinaire entre réalité minutieusement reproduite et imaginaire rempli d’humour. www.museedutrainminiature.com

Musée Traditions et Vies, Place Saint-Vincent de Paul
Un musée émouvant qui fait revivre, en tout simplicité, le quotidien d’une famille rurale d’antan. Une collection rare de 120 faïences de Meillonnas, dans lesquelles étaient préparés les remèdes, présentée dans l’ancien hôpital de Châtillon-sur-Chalaronne reconstruit au 18e siècle. A découvrir également, la tisanerie et le jardin des simples en période estivale. www.museetraditionsetvie.fr
 

Adresses gourmandes :

La Marande : 240, avenue Clément Désormes
Un magasin créé en 2004 regroupant 18 producteurs fermiers de la région qui proposent des légumes de saison, des poulets de Bresse, des fromages, les fameuses terrines et mousses à la carpe accompagnée d’échalotes, de morilles ou encore d’écrevisses.

Un magasin qui porte bien son nom puisque « marander » veut dire « manger à la maison » en patois bressan.

Torréfaction des Dombes : 60, rue Alphonse Baudin
A découvrir la jolie boutique de Frédéric Priolet, torréfacteur par métier et par passion qui, outre toute une gamme de café, propose des confitures, du chocolat et des épices du monde.

Un peu plus loin (env. 14km), à Montceaux (Val de Saône)

Le Moulin Crozet

A voir sur la rivière « La Calonne »,  le fonctionnement d’un moulin à aubes du 10e siècle selon son état du 19ème siècle lorsqu’il pouvait produire jusqu’à 3000 quintaux par an.

Une histoire de passion qui débuta en 1996 lorsque Dominique et Isabelle Martin rachetèrent la propriété où se situait le moulin, à l’époque désaffecté.

Visites (sur demande) où l’on peut assister au concassage de grains.


Texte et photos © Christine Ansermet

Plus d'informations: Tourisme en Dombes

Bourg-en-Bresse | Dombes et Saône





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