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Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins

« On vit parce qu’on danse, on vit tant qu’on danse. Tant qu’on dansera mes ballets, je resterai vivant... ». Ces mots écrits blancs sur fond rouge, sur les banderoles longeant les murs du CNCS, témoignent de tout l’amour de Rudolf Noureev pour la danse, la chorégraphie et les belles choses...


Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins
En ce vendredi 18 octobre 2013, nombreux sont ceux qui ont fait le déplacement à Moulins, depuis Paris, Bordeaux..., pour ce bel hommage rendu au grand danseur d’origine russe par l’inauguration de  la Collection Noureev, espace d’exposition permanente désormais ouvert au grand public.

Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins
Delphine Pinasa, directrice du CNCS, et
Vincent Foray, administrateur, assistés de Claude Blum et Thierry Fouquet, président et vice-président de la Fondation Noureev, de Pierre-André Périssol, maire de Moulins, accueillent les invités et coupent le ruban rouge marquant l’ouverture officielle de la Collection, devant un parterre de personnalités, de membres de la Fondation Noureev et de journalistes.

Une exposition consacrée à Rudolf Noureev à été présentée au CNCS en 2009, puis au musée du Théâtre à Saint-Pétersbourg et au musée De Young à San Francisco. Le succès remporté témoigne du bel intérêt que le public actuel porte à cette grande figure de la danse. 

Une icône au charme slave

Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins
« Je souhaite (...) voir mon nom perpétué sous la forme d’un musée ou d’une galerie d’exposition commémorant mon style de vie et ma carrière...». Avec cet espace de plus de 350 m2 sis au rez-de-chaussée, le CNCS a répondu au vœu formulé par le danseur, personnalité au charisme exceptionnel, sur son testament. La Fondation Noureev a fait don au CNCS d’une grande partie des biens de cette personnalité de la danse. Et le Centre National du Costume de Scène a souhaité la date de 2013 pour commémorer les vingt ans de la disparition de ce danseur d’exception, présentant ses travaux de chorégraphe, mais également des aspects plus privés de sa vie : tissus et costumes (une veste dorée, un châle qu’il affectionnait...), objets personnels, œuvres d’art, meubles, maquettes de décors, nombreuses photos...

Un film retraçant la vie et les étapes importantes de sa vie de danseur passe en double dans une petite salle. Pas de deux, interviews, chorégraphies, dont Cinderella avec Sylvie Guilhem et Charles Jude, et même une apparition et chorégraphie au... Muppet Show ! Particulièrement émouvant, un gros plan sur les pieds nus et presque déformés de ce travailleur acharné et rigoureux qu'était Noureev.

Succès et solitude

Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins
Rudolf Noureev, né à Irkoutsk, en Sibérie, le 17 mars 1938, avait choisi la liberté - et la France - en 1961. D’autres artistes firent de même (Rostropovitch, Mikhail Baryshnikov...) mais lui fut le premier. Son passage à l’Ouest lui valut de terribles angoisses, car les Russes lui en ont toujours voulu, l’ont suivi et espionné. Noureev créera sa fondation : The Ballet Promotion Foundation, destinée à aider sa famille restée en URSS et à soutenir des danseurs, compagnies et écoles de ballet ainsi que l’organisation de spectacles.
 
Entouré d’un « Kremlin d’amis », il avait choisi également la solitude. Cette étoile filante vivant sans attaches, ni bagages – « Je suis né dans un train » se plaisait-il à dire – fut un collectionneur  passionné. Lui qui avait manqué de tout, était passé d’une enfance misérable à une grande richesse due à son travail. Son appartement du quai Voltaire à Paris est celle de toutes ses demeures où il résida le plus longtemps et où il finit sa vie, le 6 janvier 1993. La reconstitution d’une partie du séjour montre son goût russe-baroque teinté d’orientalisme, des décors somptueux, du faste et de l’extravagance.

Témoignages et souvenirs étoilés

Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins
Un peu à l’écart, une silhouette fine : celle du danseur-étoile Charles Jude, fils spirituel de Noureev, actuellement directeur du Ballet de l’Opéra de Bordeaux.

Ce fidèle ami du danseur évoque sa nostalgie : « Je garde en moi tous les souvenirs que me rappellent ces objets familiers côtoyés chez Rudolf Noureev, de son vivant. D’ailleurs, pour moi, il est toujours vivant. Il avait une trentaine d’années quand je l’ai connu et nous avons été amis pendant 20 ans. Je l’ai accompagné jusqu’à la fin. Il était comme un frère pour moi, ma famille... ».
 
Est-il venu à Lausanne voir Maurice Béjart ? « J’ai connu Maurice à Bruxelles où j’ai séjourné  pendant quinze jours chez lui. Nous gardions le contact et il avait des projets de spectacle pour moi. Mais hélas, il est parti avant... »

Deux petites dames, tout de pastel vêtues, un sac Repetto au bras, félicitent Laurent Hilaire pour tout el travail accompli et ce qu’il apporté à la danse.

Nommé Etoile en 1985 par Rudolf Noureev, ce danseur de haut vol qui a fait ses adieux à la scène en 2006, est Maître de ballet à l’Opéra de Paris. « Une de ses filles est danseuse du Ballet de l'Opéra de Paris... » souffle une des dames, ravie par l’autographe signée par cet aimable danseur...

Une très belle réalisation

Des étoiles à l’inauguration de la Collection Noureev, au CNCS de Moulins
« Quand la personne n’est plus là, son âme reste comme un petite bougie... » conclut le maire de Moulins, lors des discours officiels.
 
La Collection est une grande réussite, à voir et à revoir. Mise en scène parfaite, beau final pour une nouvelle étape de la légende Noureev dans ce lieu unique en France qu’est le CNCS. Pour des raisons de conservation, les costumes de la Collection seront exposés par roulement, changeant tous les 6 mois.
 
Plus d'informations: CNCS  
 
Texte et photos de Françoyse Krier

Allier





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