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La maison de Colette à Saint-Sauveur

Le monde de la culture s’est mobilisé pour que la maison natale de Colette, patrimoine littéraire français, devienne un centre d'études et de diffusion de la vie et de l’œuvre de Colette.


Un label pour des demeures remarquables

Maison de Colette © FK
Maison de Colette © FK
En septembre 2011, Frédéric Mitterrand remettait le nouveau label  « Maisons des illustres » à 111 maisons ayant abrité des hommes et des femmes qui se sont illustrés dans l'histoire politique, sociale et culturelle de la France.

Colette en 1900 © Collection Centre d'études Colette
Colette en 1900 © Collection Centre d'études Colette
Il fut également annoncé que la maison natale de l'écrivain Colette, à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), avait pu être rachetée grâce à la mobilisation de la Société des amis de Colette, aidée des collectivités territoriales et de l'Etat « conscient qu’il y avait là un lieu de mémoire littéraire, un jardin de souvenirs vibrants ».

En 2007, après être passée de main en main par le biais d'héritages, la maison natale de Colette fut mise en vente. Après quatre ans mobilisation, l’Association pour la sauvegarde de la maison natale de Colette signait l’acte de propriété, le 23 septembre 2011.

Et le 22 octobre 2011, Frédéric Maget Président de la Société des amis de Colette. et Samia Bordji, responsable du Centre d’études Colette d’Auxerre, ont ouvert les volets de la maison sise 8, rue Colette, anciennement rue des Hospices. Sur la façade, un médaillon de marbre rouge indique : Ici Colette est née. « J'appréciai en son temps la discrétion d'un texte qui évite toute précision de date… » écrivait-elle avec humour. Dès 1967, la rue a porté officiellement le nom de Rue Colette. Particularité unique en France : la plaque apposée reproduit la signature de l'écrivain…

Lieu de mémoire, de recherche, de création

La maison natale de l’écrivain se veut être une invitation à la lecture. Ses objectifs : la reconstitution de l’univers de l’enfance de Colette, la redécouverte par le public de la maison et des jardins tels que la fille de Sido les a connus et si bien décrits dans les « Claudine ». Le Centre d’études Colette enrichi du dépôt des archives de la Société des amis de Colette s’installera dans la maison et recevra chercheurs, journalistes, auteurs…

Sont prévues également des manifestations, activités et rencontre autour de  l’œuvre  de Colette. Une salle pouvant contenir une centaine de personnes sera créée servira à la présentation de spectacles, lectures, concerts, expositions et conférences. Des activités spécifiques seront présentées aux élèves : ateliers, visites thématiques…
 

J'appartiens à un pays que j'ai quitté…

Maison de Colette © FK
Maison de Colette © FK
Sidonie-Gabrielle Colette est née à Saint-Sauveur-en-Puisaye le 28 janvier 1873. Son œuvre baigne dans le souvenir  du village de son enfance, rebaptisé Montigny-en-Fresnois, dans les Claudine. Chaque année, une randonnée culturelle est organisée, d’après le livre « Sur les pas de Colette » de Marguerite Boivin, ancienne institutrice qui a rencontré certaines familles décrites dans les ouvrages de l’écrivain. Michel Mourot, médecin à Saint-Sauveur aujourd’hui en demi-retraite, connaît bien la région Puisaye-Forterre qu’il fait découvrir à des groupes. Balade très agréable car le sentier littéraire et botanique est agrémenté d'arrêts pendant lesquels le guide captive son auditoire par la lecture de textes de Colette se rapportant aux lieux visités.

Le village a peu changé. La tour a perdu sa guirlande de lierre. L’église St-Jean n’a toujours pas de clocher. Monté sur un piton en roche, ce dernier a été foudroyé à plusieurs reprises. Le toit gris en ardoise, c’est la maison de Colette. Un peu plus haut, on aperçoit la maison aux volets bleu-gris, celle de Juliette, la demi-sœur « agréable laide aux yeux thibétains ».

Michel Mourot désigne les pierres chargées de minerai de fer, le sable qui, mélangé avec la terre, donne cet ocre apprécié par les peintres. « Colette a bien connu la poterie de La Bâtisse et les potiers qui y travaillaient. Fondée au XIIIe siècle, la Bâtisse a vu succéder des générations de potiers. Aujourd'hui, elle fonctionne toujours. En suivant la ligne de chemin de fer, on accédait au four couché, datant du XVIIIe siècle, classé monument historique, qui fut inventé pour cuire les énormes poteries culinaires et de conservation. Une cuisson durait 3 semaines. » L’exposition permanente permet de découvrir les Bleus de Puisaye présents à la tables des seigneurs du XVIe siècle.

La maison et l’école de Claudine

L'école de Claudine © FK
L'école de Claudine © FK
La chambre de Colette a gardé son froid carreau rouge, le toit a perdu quelques ardoises et un morceau de tapisserie originale a été découvert dans une chambre, sous une couche de papiers peints. Dans le jardin du haut, d’exquises roses fleurissent parmi les fougères et les ronces.

Dans Claudine à l’école, Colette décrit l’ancienne école publique qu’elle a fréquentée. Forte de sa propre collection, Marguerite Boivin y a reconstitué la salle de classe de Claudine, sanctuaire pédagogique que Samia Bordji et les autorités locales souhaitent garder tel quel. On musarde devant les grandes étapes de l’écrivain : lettres, nombreuses photos, poêle Godin, bancs et tables de classe qui furent peut-être ceux de la jeune Sidonie-Gabrielle et sur un mannequin, des vêtements ayant appartenu à Colette et qui ont été donnés à Marguerite Boivin par la nièce de Pauline Tissandier, la fameuse et fidèle gouvernante de l’écrivain.
 

Le musée Colette

Musée Colette © FK
Musée Colette © FK
Installé dans le Château de Saint-Sauveur-en-Puisaye, propriété de la commune, le musée Colette fut inauguré en octobre 1996. Véritable promenade littéraire autour de l’illustre membre de l’académie Goncourt, il présente outre une collection impressionnante de 250 photos d’elle et de sa fille, de nombreuses cartes postales, des collections d'objets personnels de l'auteur ainsi que la reconstitution du salon et de la chambre de son appartement du Palais Royal. Dès l’entrée, le visiteur est saisi par l’atmosphère harmonieuse, nimbée de bleu, couleur fétiche de Colette. En fond sonore les musiques de ses amis Fauré, Ravel, Debussy, Dukas, Satie.

Au sol sont gravés les noms et adresses des différents lieux qui l’ont accueillie : Rozven, La Treille Muscate, le Palais-Royal… Chaque marche de l’escalier porte le nom d’une de ses œuvres. Les sulfures en verre - « que l’on ne peut déplacer d’un pouce » précise Frédéric Maget - trônent sur des étagères. Cœur du musée, la bibliothèque où règne le silence et qui fleure bon les livres aux couvertures acidulées : chacun d’eux contient des extraits d’œuvres  de Colette.

Tout ici raconte l’histoire de cette femme de lettres qui aimait la vie : « Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne... ».

Françoyse Krier
 
 
Contacts :
www.ot-puisaye-forterre.com
 
Association «La Maison de Colette»
www.maisondecolette.fr
 
La Société des amis de Colette
www.amisdecolette.fr
 

 

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