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Le Festival international des écrits de femmes

(FIEF) 2012 à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Ecrivain ou écrivaine, auteur ou auteure... ? Peu importe, les femmes journalistes étant le thème du 1er festival international des Ecrits de Femmes à Saint-Sauveur (Yonne). Le musée Colette avait déroulé le tapis rouge pour l’occasion et accueillait plusieurs centaines de personnes venues assister aux rencontres internationales, les premières du genre, participer aux débats et applaudir de remarquables intervenants.


Le Festival international des écrits de femmes

Manifes­tation culturelle gratuite et ouverte à tous, le Festival international des écrits de femmes est organisé par la Société des amis de Colette avec l'aide du Ministère de la Culture / DRAC de Bourgogne, du Conseil régional de Bourgogne, du Conseil général de l'Yonne, et de la Mairie de Saint-Sauveur-en-Puisaye. Il bénéficie du soutien de son comité d'honneur composé de nombreuses personnalités (Florence Aubenas, Carole Bouquet, Bernard Pivot, Jérôme Garcin, Nancy Huston...)


Samedi 13 octobre

Le Festival international des écrits de femmes
Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette, ouvre la table ronde avec Laure Adler, journaliste, historienne et présidente de cette première édition. Une matinée consacrée George Sand critique littéraire et à Marguerite Durand, journaliste et féministe française, fondatrice du journal La Fronde, exclusivement élaboré par des femmes dont le premier numéro paraissait en 1897. Surnommé « Le Temps en jupon », ce journal a permis à de nombreuses plumes de s'épanouir - Séverine Marcelle Tinayre, Lucie Delarue-Mardrus, Clémence Royer, d'écrire d'après des témoignage directs. Marguerite Durand a légué à la Ville de Paris toute la documentation qu'elle possédait sur l'histoire des femmes, créant ainsi le premier « Office de documentation féministe » français. Depuis 1989, la bibliothèque dans le 13e arrondissement et Annie Metz en est la Conservatrice en chef.

Guillaume Pinson de l'Université de Laval, Québec, démontre l'évolution de la femme journaliste passant du domaine mode et mondanités aux rubriques de la « femme qui bouge » : journées sur des lieux de reportages, sport automobile, etc.

Bel enchaînement par Samia Bordji, responsable du Centre d'études Colette, rappelant que l'écrivain native de Saint-Sauveur n'était pas seulement journaliste littéraire mais journaliste d'investigation, couvrant entre autres l'arrestation de la bande à Bonnot sans rien voir de la scène mais décrivant les réactions de la foule ; chroniqueuse judiciaire également : elle a couvert le procès de Landru, s'intéressant davantage aux personnalités présentes (Polaire, Mistinguett, le Paris du Gotha...), et à l'attitude du public dans la salle. Seule réclamation du célèbre accusé : un autographe de Colette ! Samia Bordji conclut « Colette possédait l'art de la nouvelle : la forme brève lui convient si bien... »


Découverte d'Annie de Pène, grande amie de Colette, grâce à Dominique Bréchemier - Docteur es-lettres. En septembre 1914, Colette fonde un phalanstère avec l'actrice et réalisatrice Musidora, Annie de Pène et Marguerite Moreno. Germaine Beaumont, fille d'Annie de Pène, deviendra journaliste et romancière.

Paul Aron - Université libre de Bruxelles - relate la vie des femmes écrivains et journalistes dans les années 30 et, chiffres à l'appui, la participation française à l'exposition internationale de la presse féminine en mai 1928.

Audrey Lasserre, Université de Paris 3, et Marie-Ève Thérenty, Université de Montpellier racontent comment le reportage remplace la chronique et que les femmes journalistes se déplacent dans des endroits publics. D'ailleurs, à l'instar de Florence Aubenas et de tant d'autres, envoyées spéciales, ne sont-elles pas davantage sur des terrains - et surtout ceux en état de guerre - que les hommes ? Pour clôturer cette première et passionnante journée, la charmante Sabine Haudepin lit Quai de Ouistreham, de Florence Aubenas dont la chaleureuse comédienne a adapté le texte. Instants magiques, émotions, images de ville du Nord, des gens, de leur vie au quotidien....

Dimanche 14 octobre

Le Festival international des écrits de femmes
ll pleut à torrents. Raison de plus pour trouver les meilleures places et suivre les tables rondes et entretiens de cette deuxième journée. Françoise Laborde (journaliste, membre du CSA), Josyane Savigneau (journaliste et écrivain) et Martine Storti (journaliste) ouvrent les débats qui seront fort animés sur le thème : « ‹ Le deuxième sexe › du journalisme ». C'est une Françoise Laborde très en forme qui sera très applaudie lors de ses propos sur le CSA, sur les entreprises menées par des femmes qui résistent mieux à la crise ; sur les enfants d'aujourd'hui : placés très tôt devant la TV ou un ordinateur, ils n'ont pas un moment à eux et deviennent des drogués de la TV...

Autre domaine, celui de l’agroécologie, présenté et ardemment défendu par Marie-Monique Robin : « Une journaliste met sa plume dans la plaie, c’est une passeuse qui veut comprendre le monde et transmettre ses impressions aux lecteurs et téléspectateurs. »Ses livres Notre poison quotidien, Le Monde selon Monsanto, Les poisons du futur ont un grand succès. Son film-documentaire a été diffusé le 8 octobre sur la RTS et sur ARTE le 16 octobre

«Opéra sérieux » est un livre écrit par Régine Detambel qui conte l’histoire de 3 cris : de l’enfant qui naît, du père sur scène, de la mère qui meurt... Les yeux brillant de malice, elle parle de l’importance de la voix dès la naissance, du chant, des sirènes, d’Ulysse et de Boutès, de La Malibran, de Cathy Berbibian... On connaît Evelyne Bloch-Dano pour ses biographies : Madame Zola, Madame Proust, Flora Tristan. Son dernier ouvrage évoque le dernier amour de George Sand, Alexandre Manceau, un ami de son fils qui lui offrira une petite maison dans le village de Gargilesse. La romancière ressent une véritable empathie pour les sujets abordés et ne cache pas une admiration grandissante pour George Sand généreuse et travailleuse.

L'écrivain Gérard Bonal et Samia Bordji abordent le thème très attendu :« Les lettres de Sido ». La brillantissime responsable du Centre d'études Colette lit la fameuse lettre de Sido à son gendre dans laquelle elle décline son invitation à se rendre chez eux, car elle attend l'éclosion imminente et rare d'une fleur de cactus rose. Cette célèbre lettre figure dans La naissance du jour. Or la lecture de la lettre originale s'avère tout autre... Ne connaissant de Sido que ce que Colette en avait dit, il semble que Sido fut réellement une femme exceptionnelle, libre penseuse, peu influencée par l'opinion publique, aimant profondément ses enfants, les animaux, le jardinage. Et en avance sur son temps... N'a-t-elle pas fait part en 1903 son approbation de l'union libre, concluant : « (...) notre siècle finira par cela. » Autre femme exceptionnelle, celle que Gérard Philipe épousa et grâce à laquelle il devint ce qu'il a été. Anne, aux ambitions intellectuelles, l'a amené aux grands textes classiques, le fait rencontrer Jean Vilar. Pierrette Fleutiaux évoque son amie, la femme simple et distinguée que fut Anne Philippe.

Les pauses au Salon du livre furent l’occasion de découvrir ou redécouvrir des auteurs et des œuvres, des collections dédiées aux écrits de femmes, des éditeurs spécialisés et également des moments d’échanges avec les auteurs. Chaque année, des artistes et des chercheurs venus du monde entier se retrouveront autour d’un thème à chaque fois différent. Celui du Festival international des écrits de femmes 2013 sera dévoilé en fin d’année. 


Réhabilitation de la maison de Colette

Pour clore ces deux journées consacrées aux écrits de femmes que la grande Colette aurait sans nul doute appréciées, visite de la maison natale de l'écrivain. Des aubépines fleurissent dans le jardin du haut et la petite chambre au carrelage rouge qui fut celle de la petite Gabrielle, émeut toujours. Appelée à devenir un lieu de recherche et de création avec l’installation du Centre d’études Colette, un lieu culturel avec les rencontres Colette, une programmation de lectures et de conférences tout au long de l’année, des activités pour les jeunes générations, la maison d’enfance de l'écrivain et les jardins ont besoin du soutien de tous pour revivre. La Société des amis de Colette diffuse régulièrement à ses adhérents des listes d’activités qui présentent l’ensemble des publications concernant Colette, le calendrier des manifestations et des informations bibliographiques. Reconnue d'utilité publique, elle vit des inscriptions de ses adhérent/es ou des dons qu'elle reçoit, de France comme de l'étranger...
 
Société des amis de Colette : http://amisdecolette.fr/


Voir également l'article  La Maison de Colette à Saint-Sauveur

Texte et photos © Françoyse Krier

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