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Le Puits de Moïse, merveille d'art et de foi

La plupart des livres d’art font référence au Puits de Moïse de Claus Sluter mais aucune photo ne peut décrire la beauté grandiose des personnages sculptés, les expressions des visages des prophètes, des anges qui les accompagnent. Une magnifique découverte…


Puit de Moïse ©  Michel Joly
Puit de Moïse © Michel Joly
L’ensemble est situé non loin de la ville, face à la gare, et pour y accéder, le visiteur n’a qu’à suivre le parcours de la chouette qui le conduira à la Chartreuse de Champmol en passant par le magnifique Parc de l'Arquebuse.

Ce pôle de verdure de plus de 5 hectares servait jadis de champ d'exercices aux arquebusiers avant d’être transformé, en 1833, en jardin botanique : un arboretum aux nombreuses essences étrangères ; le Planetarium qui permet d’assister au spectacle du ciel dans une coupole de 10 m de diamètre.

Les expositions présentées au Muséum d'histoire naturelle font la joie des enfants impatients de grimper sur le dos d’un éléphant, d’un hippopotame et autre rhinocéros… plus vrais que nature qui gardent l’entrée.

Terrain pour les boulistes, massifs floraux, arbres centenaires, bassins, statues, temple de l’Amour, roseraie riche de plus de 200 variétés de roses, ruisseau sur lequel glissent des cygnes et s’ébattent des canards… Ce parc a tout pour plaire et nombreux sont ceux qui viennent s’y reposer à l’ombre des arbres ou allongés, livre à la main, dans l’herbe des accueillantes pelouses.



Chartreuse de Champmol

Réalisé entre 1395 et 1405, classé monument historique en 1840, le Puits de Moïse est l'un des vestiges de la Chartreuse de la Sainte-Trinité de Champmol, qui fut démantelée à la Révolution. Une charmille a été plantée à l'occasion de la restauration du site en 1999-2000, sur l’emplacement du cloître disparu.

Destinée à devenir la nécropole des ducs de Bourgogne, mausolée ducal et un lieu de pèlerinage, la Chartreuse est un ancien monastère de l'ordre des Chartreux situé aux portes de Dijon. L’emplacement est actuellement occupé par le centre hospitalier spécialisé de la ville.

Dans son testament de 1386. Philippe le Hardi souhaite y être inhumé dans l'habit des chartreux. La chartreuse a conservé deux œuvres majeures du sculpteur flamand, Claus Sluter : le portail de l'église et Le Puits de Moïse, érigé au centre du grand cloître

Réalisme saisissant

Le Puits de Moïse, merveille d'art et de foi
Abrité sous un édifice en pierre et verre, le chef-d'œuvre de Sluter et de son neveu Claus de Werve, illustre brillamment la richesse et la finesse de la sculpture burgondo-flamande de la fin du XIVème siècle. Le Puits de Moïse, construit en pierre provenant de carrières de la région, était surmonté d’une grand Christ en croix de plus de 13 mètres, au pied de laquelle se tenaient la Vierge, saint Jean et Marie-Madeleine. En 1411, une construction en bois supportée par des colonnes protège l'édifice. A la fin du XVIIIème siècle, cet édicule s'écroule, entraînant  avec elle la croix et ses statues.

La partie basse, heureusement préservée, présente les statues majestueuses des six prophètes de l’Ancien Testament, veillés par des anges aux visages empreints de tristesse et de désolation.

Chaque prophète, d’une hauteur de 2 mètres, tient un phylactère où est inscrit un texte tiré des écritures : Moïse, reconnaissable à son front cornu et aux Tables de la Loi tenues dans une main; David, couronné et tunique étoilée, appuyé sur sa lyre ; Jérémie méditant sur son grand livre , et à la ressemblance avec Philippe le Hardi a été évoquée ; Zacharie, coiffé d'un chapeau et vêtu d’une tunique brodée de feuillages ; Daniel, au visage crispé, au manteau d'or doublé d'azur ; Isaïe, son écritoire pendue à côté d‘une escarcelle attachée à la ceinture. A leurs pieds, un bassin d'eau profond de 4 mètres, alimenté directement par la nappe phréatique.



Les sculptures portent encore des traces de leurs couleurs d'origine. On ne peut qu’être admiratif et rempli d‘émotion devant un tel chef d’œuvre de la sculpture gothique : expressions des visages, majesté des draperies, finesse des détails, précision des ornements ciselés dans la pierre… Chacun de ces personnages paraît plein de vie, exprimant à leur manière des sentiments de gravité ou de compassion.

Des fragments du calvaire – buste et jambes du Christ crucifié, bras croisés de Marie-Madeleine – sont conservés dans les collections du Musée archéologique de Dijon.

Le portail de la chapelle d’origine

Le Puits de Moïse, merveille d'art et de foi
A quelques mètres se trouve la chapelle qui contenait autrefois les tombeaux monumentaux des ducs Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, reconstitués aujourd'hui au musée des beaux-arts de Dijon. Suite à sa destruction lors de la Révolution, elle fut reconstruite en 1844 dans un style néogothique. Le portail de l'église, où sont représentés Philippe le Hardi et son épouse Marguerite de Flandre, est attribué à l'architecte Drouet de Dammartin et au sculpteur Jean de Marville ou à Claus Sluter, comme la belle Vierge à l’enfant du trumeau.

Là aussi, le réalisme des visages – le Duc reconnaissable à son nez et son épouse au visage quelque peu ingrat mais  appréciée pour sa générosité –  Autre vestige encore visible : la tour qui permettait de monter à  l'oratoire ducal.
Un magnifique parc ombragé entoure l’ensemble des bâtiments.
 
Texte et photos sans mention : Françoyse Krier
 
Puits de Moïse
1, Bd Chanoine Kir
21000 Dijon
www.visitdijon.com

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