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Le Singe de la Mode: petite comédie illustrée par l'artiste belge Isabelle de Borchgrave pour le tricentenaire de la naissance de Frédéric II

Potsdam fête le 300e anniversaire de la naissance de Frédéric II. Parmi les événements programmés, une illustration en papier d’une pièce écrite par le roi-philosophe, « Le Singe de la Mode »,
signée de l'artiste belge Isabelle de Borchgrave.


Le Singe de la Mode

© SPSG, Fotograf: Andreas von Einsiedel Der Marquis de la Faridondière hat eine  Bibliothek erworben, jedoch ist ihm die Schönheit der Einbände wichtiger, als der Inhalt
© SPSG, Fotograf: Andreas von Einsiedel Der Marquis de la Faridondière hat eine Bibliothek erworben, jedoch ist ihm die Schönheit der Einbände wichtiger, als der Inhalt
Le Neues Palais a demandé à Isabelle de Borchgrave d'illustrer en papier  « Le Singe de la Mode », petite comédie en un acte écrite en français par Frédéric II. Pour cette occasion,  une trentaine de costumes en papier portés par des mannequins en fil de fer ont investi les pièces restaurées du château.

Le public est émerveillé par le travail de l’artiste belge. Vêtements, plissés, dentelles et accessoires d’une richesse incomparable, soumis aux techniques innovantes du papier, parent les personnages de la pièce : le Vicomte, l’Oncle, la Barbarina... La première station de l’exposition présente une succession de tableaux de la pièce écrite par le roi et illustrée par Isabelle de Borghgrave : « Une très belle commande remplie de défis. il y avait un réel challenge dans la création des costumes de par la posture des mannequins et du fait que ce soit des portraits. Il nous aura fallu un an pour tout créer, de la recherche à la fabrication papier. Ce qui nous a pris du temps aussi pour cette collection ce sont les mannequins qu’il a fallut adapter dans des positions que nous n’avions pas l’habitude de gérer. Le montage de l’exposition de Potsdam s’est fait en plein mois de février, il faisait -6C° dans le Palais à ce moment. On a du monter l’exposition avec nos grosses vestes, nos écharpes et nos gants. Tous les costumes ont été achetés par le Neues Palais. »
 
Cette exposition est  à admirer jusqu’au 28 octobre 2012.

Interview d'Isabelle de Borchgrave

Isabelle de Borchgrave ©  Andreas-von-Einsiedel
Isabelle de Borchgrave © Andreas-von-Einsiedel
Comment vous est venue l’idée de créer des costumes en papier ?
Isabelle de Borchgrave - Tout débute en 1994, après une visite de la collection de costumes au Metropolitan Museum de New York. Je décide alors de me lancer dans la création de costumes. Ma première exposition de robes en papier Papiers à la Mode a eu lieu à Mulhouse au Musée de l’Impression : environ 25 costumes retraçant l’histoire de la Mode depuis 300 ans, de Elisabeth Ier d’Angleterre à Coco Chanel. Ce fut le départ d’une longue histoire. C’était beaucoup plus artisanal qu’aujourd’hui où nous sommes près de 12 personnes à travailler dans mon atelier ouvert depuis un an, dans le centre de Bruxelles. Près de 1200 m2 dédiés à la lumière et au volume, entourés de jardins qui font oublier que nous sommes en plein cœur de la ville.Trois stylistes travaillent avec moi de façon permanente. Il y a aussi 4 artistes (peintures, commandes et accessoires), sans oublier des stagiaires qui viennent chez nous, chaque année. Je m’occupe du choix des costumes, de la couleur, de la peinture tout en supervisant ce petit monde. L’atelier est en mouvement permanent, une ruche en pleine création. 
 
Peut-on tout réaliser dans cette matière ?
I de B - Tout peut se faire en papier, il suffit d’un peu d’imagination et de technique. La plupart de mes décors sont en papier. J’ai réalisé beaucoup de choses différentes en papier : bijoux, châles, voiles de mariée, armoires, chaises, chaussures, sacs…
 
Comment se conçoit une telle exposition ?
I de B - Tout débute par des recherches historiques, car il ne faut surtout pas faire d’erreur dans l’histoire de la mode. Nous partons souvent d’une reproduction d’un tableau. Le portrait ne montrant jamais le costume en entier, il faut donc reconstituer le dos des robes, le bas des robes, les coiffes… Tout cela se fait après de longues recherches, en fonction des documents à notre disposition. Quand le costume est choisi, les stylistes font un patron que nous adaptons au mannequin préalablement fabriqué dans notre atelier en fils de fer et papier collé. Lorsque le patron est définitif, le papier est peint. D’abord le fond, et puis les trompe-l’œil ou autres motifs. Le papier est ensuite travaillé pour son relief (plissé, froissé, chiffonné, repassé). Le travail du papier change pour chaque costume car il n’y a jamais deux façons identiques de les créer. Ce n’est pas uniquement de la mode, c’est aussi de la sculpture !
 
Prochaine exposition ?
I de B - Potsdam est une exception : c’est la première fois que je réalisais une exposition de costumes en papier aussi imposante d’après une commande. J’ai envie de créer une histoire sur la route de la soie… La prochaine exposition aura lieu au Hillwood Estate, Museum & Gardens à Washington. "Prêt-à-papier : the exquisite art of Isabelle de Borchgrave" présentera quelques robes de Papiers à la Mode, de la collection Fortuny, une série de caftans et six nouvelles robes créées pour l’occasion dont une est directement inspirée d’un tableau appartenant au Hillwood Museum. L’exposition se tiendra jusque fin décembre 2012. 
 
www.Isabelledeborchgrave.com
www.spsge.de   

Françoyse Krier
 

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