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Le monastère royal de Brou, joyau du gothique flamboyant

Aux portes de Bourg-en-Bresse, le monastère royal de Brou, c’est d’abord la merveilleuse histoire d'un amour qui se voulait éternel. Bâti dans la pierre et le marbre au début du XVIème siècle par Marguerite d'Autriche, ce chef-d'œuvre abrite trois magnifiques tombeaux.


Le monastère royal de Brou, joyau du gothique flamboyant
Sous sa toiture de tuiles aux couleurs disposées en losanges et vernissées, l’église Saint-Nicolas-de-Tolentin de Brou qui jouxte le monastère a fière allure.

L'église est édifiée de 1513 à 1532 près de Brou, village de paysans et de potiers. Marguerite d'Autriche, veuve inconsolable du duc de Savoie, érige ce joyau du gothique flamboyant et décide que le tombeau de Philibert le Beau, son bien-aimé, celui de sa mère et le sien reposeront dans cet édifice, veillés jour et nuit par des moines. Elle suivra ce grand chantier pendant 25 ans et enverra les meilleurs maîtres d'œuvre et artistes  de France et Flandres.

De par ses mariages successifs, Marguerite d'Autriche aura été  dauphine de France, infante d’Espagne, duchesse de Savoie, puis de 1507 à 1530, régente des Pays-Bas pour le compte de son neveu, Charles Quint. Et veuve à 24 ans de son jeune époux Philibert II de Savoie.

Un mausolée princier

A l’intérieur, la nef est baignée de lumière qui joue sur la couleur claire de la pierre.

Contrastant avec la sobriété du lieu, le jubé orné de dentelles de pierre, la chapelle, les tombeaux, les retables, les statues finement sculptées, les fastueux vitraux historiés en font un exceptionnel musée de sculpture flamande du 16ème siècle.

N'étant pas une église paroissiale, aucune messe n’y est célébrée. Exception fut faite en 1954, pour le mariage de l'archiduc Robert de Habsbourg, fils de l’impératrice Zita, avec la princesse Marguerite isabelle de Savoie.
 

Les stalles en chêne sont décorées avec maîtrise. Les 74 sièges, répartis de chaque côté présentent à droite, des scènes et personnages de l'Ancien Testament, à gauche le Nouveau testament. Ces sièges sont pourvus de « miséricordes », petites consoles qui permettaient au moine de prendre appui sur elle lorsqu'il se tient debout.

Le monastère royal de Brou, joyau du gothique flamboyant
Les vitraux des grandes verrières du chœur furent réalisés sur place par un atelier regroupant des peintres verriers de Bourg, de Lyon et d'Ecosse, entre 1527 et 1529. Les cinq baies de l'abside superposent les 64 blasons des ancêtres et des alliances des deux époux.

La verrière de l'Assomption et du Couronnement de la Vierge inclut, au premier plan, les portraits de Marguerite d'Autriche et de Philibert de Savoie, agenouillés sur des prie-Dieu, accompagnés de leurs saints patrons.

L'autel de la chapelle de Marguerite d'Autriche est surmonté du monumental retable des Sept Joies de la Vierge, d'une hauteur de 5,50 m, célèbre pour la richesse et la beauté de son décor sculpté – albâtre veiné de gris et pierre noire.

L'Assomption est encadrée de la Nativité, l'Adoration des mages, l'Apparition du Christ à la Vierge et de la Pentecôte.

Au couronnement figurent sainte Marguerite, la Vierge à l'Enfant et sainte Marie Madeleine. Marguerite d'Autriche s'est fait représenter, vêtue du costume de veuve qu'elle porte depuis la mort de Philibert de Savoie en 1504.


Splendide écrin funéraire

En 1512, Marguerite d'Autriche fit appel au peintre et dessinateur Jean Van Roome. Contrairement au tombeau de Marguerite de Bourbon, les tombeaux des époux comprennent une double figuration, l'une "nature" et l'autre, à l'étage inférieur, en linceul. La petite statuaire est l'œuvre d'un atelier barbançon. L'exécution des gisants fut confiée à Conrad Meit.


Le monastère royal de Brou, joyau du gothique flamboyant
Le majestueux tombeau de Philibert le Beau occupe le milieu du chœur. Il comporte deux étages et deux gisants superposés.

La partie supérieure, en marbre blanc de Carrare, représente le duc en costume d'apparat, entouré de "putti". Les Sybelles, dix adorables et gracieuses petites statues féminines, laissent entrevoir le gisant.

Au sud, sous un dais sculpté sur lequel se lit sa devise: "Fortune-Infortune-Fort-Une", le tombeau de Marguerite d'Autriche. Sur le gisant supérieur, la défunte est représentée à son âge réel au moment du décès, 50 ans, la tête de la couronne ducale et revêtue d'un manteau d'apparat. A ses pieds, une levrette.

Le gisant du dessous la montre sous un aspect idéal au moment de la Résurrection: visage jeune sous de longs cheveux ondulés.

Au nord, le tombeau de Marguerite de Bourbon, mère de Philibert, comporte un seul gisant reposant sur une dalle de marbre noir.

La princesse est vêtue d'un manteau d'hermine et ses pieds sont appuyés sur une levrette, symbole de fidélité. Des pleurants alternent avec des putti.


Le monastère aux trois cloîtres

Si l’église est d’inspiration flamande, le monastère d’à côté est d’inspiration purement régionale. Il comprend trois beaux cloîtres à étages – particularité unique – dont l’un de style bressan simple et chaleureux, plus de 4’000 m2 de planchers sur plusieurs étages, de grands jardins aux alentours et un musée aux riches collections d’art ancien français, flamand et italien.
 
Édifié de 1506 à 1512, le monastère loge, jusqu'à la Révolution, une vingtaine de moines augustins chargés de prier pour les princes enterrés à Brou. La Révolution les en chassa. Une plaque commémorative rappelle que, lors de la vente des biens du clergé, Thomas Riboud, procureur général de l'administration départementale, obtient un décret qui range l’église de Brou au nombre des monuments nationaux à conserver par l’État. Le monastère royal de Brou reçoit quelque 75’000 visiteurs par an.
 
Texte et photos  © Françoyse Krier 

Liens Internet:
- Bourg-en-Bresse Tourisme  
- Monuments nationaux
   

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