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Nozeroy, petite cité médiévale au cœur du Jura

Dominant la vallée du haut d’une colline, à mi-chemin entre Lons-le-Saunier et Pontarlier, il est une cité médiévale pleine de charme : Nozeroy, la plus petite ville de France mais grande par son histoire.


© CMB/CD39
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Longtemps considérée comme une "ville phare" Nozeroy contrôlait l'exploitation du sel et les routes d'accès vers la Suisse.

De son histoire discrète mais importante pour la Franche-Comté, il reste des témoignages des fastes du Moyen-âge et de la Renaissance : vestiges médiévaux, collégiale devenue église paroissiale, maisons aux façades classées, aux frontons sculptés, fenêtres à meneaux et portes rehaussées de sculptures, une borne fontaine où, paraît-il, le vin coulait à flots les jours de fête. Sans oublier un château dont il ne subsiste que des ruines et qu'une équipe de Nozéréens bénévoles, désireux de sauvegarder leur patrimoine, tentent de restaurer.

Nozeroy a maintenu le souvenir des fêtes d’antan et les fait revivre chaque année, le dernier dimanche de juillet, lors une fête médiévale : adoubement d'un nouveau chevalier de la Tour, grand défilé, banquet à la façon du XVème siècle – chapon bardé, rôti de proc épic, hypocras… –  pour environ 1’000 convives en vêtements d’époque, animé par les troubadours, jongleurs, saltimbanques...
 

La Tour de l’horloge, symbole de la ville

Nozeroy, petite cité médiévale au cœur du Jura
Elle était la principale des trois portes de la ville et défendait au nord la grande rue.

Equipée d’une herse, elle était protégée par une barbacane (fortification en demi-cercle, destinée à protéger les approches du pont-levis), avec pont-levis à l’avant.

La Tour de l'Horloge porte les armoiries martelées du Prince d’Orange et celles de la ville : un sapin symbolisant la région et un ours dressé sur ses pattes, qui représenterait le turbulent voisin bernois…

Edifiée en pierre jaune de Molpré, comme l’ensemble de la ville, cette tour est un des rares témoins de l’architecture militaire franc-comtois. Construite en remplacement d'une tour en bois, elle faisait partie de l'enceinte de la ville. Le dôme comtois.


Le château, « Perle du Jura » au 16ème siècle

© CMB/CD39
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Le château de Nozeroy qui remonte au début du 13ème siècle, fut conçu par la famille de Chalon et entièrement reconstruit dans la première moitié du 15ème siècle. Jardins et vergers, voûte en berceau, voûte d'ogives, décor de pampres, de petits animaux, une « scène des bateliers » : deux personnages debout sur des barques.

Un escalier, attribué à Philibert de Chalon, est considéré comme l’un des premiers escaliers rampe-sur-rampe, antérieur à celui du palais Grandvelle de Besançon, et premier témoin de l'art de la renaissance en Franche-Comté…

Villégiature et luxueux rendez-vous de chasse, bâti en pierres de taille, défendu par 4 tours élevées, il était l'une des résidences privilégiées des Chalon, Princes d'Orange. L'aile sud-est renfermait une salle de près de 35 m de longueur sur 14 m de largeur et contenait tapisseries précieuses, orfèvreries, vaisselle d'or et d'argent.
 

Louis II de Chalon y reçut des hôtes illustres : Philippe le Bon et Charles le Téméraire, les Princes de Savoie et Louis XI, dauphin de France, en 1456. On trouve les récits de ces fastes dans de nombreux textes du théologien Gilbert Cousin.

Entre 1780 et 1785, pour échapper à l'impôt, la Comtesse de Lauraguais héritière du château le fait raser au niveau du premier étage. En 1815, un terrible incendie incite les habitants de Nozeroy à venir prendre les pierres pour la reconstruction de leurs maisons. A la fin du 19ème siècle, le Prince d'Aremberg, propriétaire, fit dégager les ruines et conçut une promenade publique.
 

© CMB/CD39
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Outre les stalles du XVème siècle, la collégiale Saint-Antoine recèle un trésor rarement présenté: trois chasubles et trois devant d’autels richement brodés… de paille de froment.

Devant les autels latéraux, on peut admirer des panneaux de soie ornés de nombreux motifs faits de brins de paille tressés de sept façons différentes et cousus sur un support en soie.

Deux des panneaux présentent un médaillon central exécuté avec de fines perles de verre et de nacre. Ces objets précieux datés de 1650, œuvres de moniales du couvent des Annonciades Célestes de Nozeroy, sont présentés sous verre, dans des cadres en bois moulurés. Le Musée jurassien de Delémont (Jura suisse) conserve également une chasuble brodée en paille sur soie rouge, datant de 1726.
 

Le mausolée du Général Pajol

Derrière la collégiale, un mausolée attire l’attention : le hussard endormi.

Dernière demeure du valeureux Général Pierre Claude Pajol (1772-1844). Originaire de Nozeroy, ce hussard fit partie de la cavalerie légère de Napoléon Ier. Général de Division et Comte d'Empire, il fut également Gouverneur militaire de Paris sous Louis-Philippe. Son nom figure sur l'Arc de Triomphe.

Son épouse était une fille du Maréchal Oudinot. Leurs deux fils furent généraux sous le Second Empire.

Ce mausolée datant de 1878, surmonté d’une statue le représentant gisant en uniforme, est due à son fils aîné Charles Pierre Victor Pajol (1812-1896), général et sculpteur.
 

Gilbert Cousin humaniste Comtois (1507-1572)

Personnage emblématique de Nozeroy, Gilbert Cousin fit des études de médecine, de droit et de rhétorique dans les universités de Dole et de Fribourg, où il se lia d'amitié avec le célèbre humaniste Erasme dont il devint le secrétaire particulier. Il écrira de nombreux ouvrages, ­ notamment une "Description de la Franche-Comté au 16ème siècle", mais la plupart de ceux-ci disparurent dans l'incendie de la bibliothèque de l'archevêché de Besançon.

Retiré à Nozeroy, il a produit une œuvre littéraire remarquable parmi laquelle se trouve un certain nombre de fables inspirées par les auteurs antiques. Cette ambiance se retrouvera chez Jean de La Fontaine, lequel, par sa mère, était un parent éloigné de Cousin. Accusé d'hérésie, Gilbert Cousin sera incarcéré à Dole puis transféré à Besançon. Il mourra dans les prisons de l’Archevêché, à 66 ans, après cinq ans de captivité.

Cité des comtes de Chalon, princes d’Orange

Fondateur de Nozeroy au 13ème siècle, le Comte de Bourgogne Jean de Chalon monopolisa la production du sel des salines de Salins-les-Bains et développa le commerce de l'or blanc vers le Nord et le sud de la Franche-Comté, le Royaume de France, la Suisse et l'Italie.

Suite à un mariage avec Marie des Baux, héritière de la Principauté d'Orange, la descendance de son troisième union prendra le nom de Chalon-Arlay, princes d'Orange.

© CMB/CD39
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Au 15ème siècle, Louis de Chalon-Arlay fera rebâtir un château somptueux, de style Renaissance, sur les fondations de l'ancien château-fort, ainsi que la porte principale dite Porte de l'Horloge et l'enceinte de la ville.
 
Philibert de Chalon (1502-1530) – Héritier de la principauté d'Orange et de nombreuses terres de la Bourgogne comtale, Philibert de Chalon-Arlay a grandi au château de Nozeroy, puis deviendra capitaine-gouverneur des armées de Charles Quint. Il mourra au cours d'un combat, âgé de seulement 28 ans.

Loyse de Savoie (1462-1503) – Nièce de Louis XI, Loyse de Savoie épouse Hugues de Chalon-Arlay en 1479. Après des années de vie heureuse au château de Nozeroy, Hugues décède d'un mal inconnu et  Loyse de Savoie s'exile au couvent de Clarisses d'Orbe où elle rejoint sa belle-soeur Philippine de Chalon. Les reliques des deux princesses sont visibles dans une chapelle de la collégiale de Nozeroy.

www.juramusees.fr

Plus d'informations : www.jura-tourism.com
 
Texte et photos sans signature : Françoyse Krier
 

Jura | Le Doubs





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