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Ouverture de la maison natale de Victor Hugo à Besançon

Le 13 septembre 2013, Besançon a ouvert les portes de la maison natale de Victor Hugo au public. Cette maison, située 140 Grande Rue à Besançon, devient un lieu de mémoire de l’homme engagé dans son siècle et pour l’avenir.


Ouverture de la maison natale de Victor Hugo à Besançon
Le 26 février 1802, Victor Hugo voit le jour au premier étage de l'appartement du 140, Grande Rue à Besançon. Conçu au Donon (selon les dires de Victor Hugo lui-même), un des points culminants des Vosges, le futur écrivain et poète humaniste était le troisième fils de Léopold Hugo – chef de bataillon en garnison au 20e régiment d'infanterie de ligne dans cette ville, du 19 août 1801 jusqu'à sa mutation à Marseille, quelque mois plus tard... – et de Sophie Trébuchet.

Ouverture de la maison natale de Victor Hugo à Besançon
Jusqu’à ce jour, seules une plaque et une vitrine rappelaient l’existence de la maison natale de l’écrivain. A la différence des autres maisons où vécut Hugo, la Ville a choisi de ne pas en faire un musée, mais plutôt d’y présenter les combats de l’homme engagé, en rapport avec la réalité actuelle.

Dans cette démarche, la Ville a trouvé l’appui de plusieurs personnalités, dont Jean-Marc Hovasse, Directeur de recherche au CNRS, biographe de l’écrivain et conseiller scientifique du projet, et Robert Badinter, parrain de la Maison. Universitaire et avocat, Robert Badinter a fait voter, le 9 octobre 1981, l’abolition de la peine de mort en France. Deux de ses grandes passions sont la justice et Hugo. « Le plus grand écrivain du siècle aura été le premier des abolitionnistes. Il a donné à la lutte contre la peine capitale un souffle, des accents qui ont traversé le temps. La liberté a eu Mirabeau, le socialisme Jaurès, l’abolition Victor Hugo... ». Robert Badinter n’ayant pu venir à l’inauguration de l’illustre maison, son discours fut lu devant un public nombreux et très ému.  

 

Un lieu ouvert sur le monde

Ouverture de la maison natale de Victor Hugo à Besançon
Au rez-de-chaussée, sont mis en avant les liens de Victor Hugo avec Besançon et les hommages que lui ont rendus les Bisontins : documents d’archives, lettres manuscrites, bustes dont l’un représentant Victor Hugo à l’âge de 36 ans, a été offert par David d’Angers à la bibliothèque de Besançon et l’autre sculpté par Auguste Rodin. Une table tactile permet, à l’aide d’un plan actuel et d’un plan ancien, de parcourir la ville sur les traces de Victor Hugo, et de partir à la découverte du riche passé littéraire de la ville.
 
Comme au musée Colette à Saint-Sauveur, l’escalier se présente comme une illustration chronologique des engagements de l’écrivain : mur d’images, titres des œuvres principales sur les contremarches et portraits de Victor Hugo aux différents âges de sa vie sur les balustres métalliques.
 
Dans une lettre, adressée aux Bisontins en 1880 en remerciement de la pose d’une plaque commémorative sur sa maison natale, Victor Hugo se décrit comme « une pierre de la route où marche l’humanité ». Toute sa vie, l’écrivain s’est battu pour « l’accroissement de la liberté » et « contre la souffrance humaine ». C’est à travers ses engagements que la Ville a voulu faire revenir symboliquement l’auteur dans sa ville natale. La lettre est exposée au public, à l’abri de la lumière.

Ouverture de la maison natale de Victor Hugo à Besançon
A l’étage, les quatre pièces correspondent à quatre grands combats de l’écrivain. Dans les deux premières pièces côté cour, la scénographie immerge le visiteur dans les œuvres de Victor Hugo. Les deux pièces situées côté rue, aux boiseries du XVIIIe siècle, sont consacrées aux droits de l’enfant et à la liberté des peuples. C’est vraisemblablement dans la chambre à alcôve qu’est né Victor Hugo. Dans les collections de la Maison Victor Hugo à Paris a été retrouvé un fragment du papier peint d’origine. Il est reproduit ici avec les portraits des parents et de la marraine bisontine de Victor Hugo. Sous vitrine, le registre où figure son acte de naissance.
 
Le mobilier « retour d’exil », légué par la famille Hugo à la Ville de Besançon est présenté dans le salon et restitue l’atmosphère du salon où l’écrivain reçut un grand nombre d'écrivains et d'hommes politiques en vue, célébrités de la IIIe République. On y reconnaît entre autres : Paul Meurice, journaliste et fidèle ami de Victor Hugo; Victor Shoelcher, qui a aboli l'esclavage en 1848; Paul de Saint-Victor, l'ancien secrétaire de Lamartine; le socialiste Louis Blanc, ainsi que les grands hommes politiques de la Troisième République, Léon Gambetta, Jules Simon et Camille Pelletan. Au centre du salon trône un éléphant qui évoque le goût orientalisant de l'époque, à la veille de la colonisation de l'Indochine par Jules Ferry. « Papapa » – surnom donné par les petits-enfants du poète à leur grand-père – avait formellement donné l’ordre à Georges et à Jeanne de ne point y toucher... 


Le sous-sol est un lieu de rencontres et d'échanges. Sous le beau lustre de Murano provenant du salon de Victor Hugo, la cave voûtée est destinée à accueillir des conférences, expositions temporaires, petites représentations théâtrales ou musicales, lectures, projections de films ou ateliers pédagogiques. La salle, baptisée Gavroche, offre une capacité d'accueil de 65 personnes. 

La pharmacie Baratte retrouve sa place

Ouverture de la maison natale de Victor Hugo à Besançon
Comme en 1802, l’arcade boutiquière de droite abrite à nouveau l’ancienne pharmacie Baratte. Cette apothicairerie, qui se trouvait au rez-de-chaussée de l’immeuble lors de la naissance de Victor Hugo, a été fondée en 1738 par Jacques Baratte. Elle a ensuite appartenu à la famille Maire, de 1800 à 1859, et enfin à la famille Jacques, jusqu’en 1909. A cette date, elle possédait toujours ses boiseries de chêne, ses pots en faïence et ses verreries du XVIIIe siècle. L’ensemble est alors vendu à un antiquaire parisien, puis en 1918 à l’industriel Singer, avant d’être racheté par Franck Jay Gould qui en fait don au Palais Lascaris de Nice.

Rapatriée de Nice cette année, une des plus belles pharmacies françaises a retrouvé ses murs du 140, Grande Rue, redonnant ainsi à la maison natale de Victor Hugo sa configuration d’origine.
 
 
Maison natale de Victor Hugo
140 Grande Rue
25000 Besançon
www.besancon.fr/victorhugo
 
Texte : Françoyse Krier - presse

Légendes et crédits des photos:
- Escalier © JC Sexe - ville de Besançon
- Robert Badinter et Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, lors des 150 ans des Misérables
  en 2012 © Francoyse Krier
- Intérieur du musée  © Harmatan
- Portrait de V. Hugo © Bibliothèque de Besançon
- Pots en faïence © Francoyse Krier

Jura | Le Doubs





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