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Potsdam : cité du cinéma

Potsdam a joué un rôle majeur dès les débuts du cinéma. Ses studios ont occupé une position dominante dans les années 1920 avant de décliner avec la montée du nazisme et ensuite avec la période communiste. Aujourd’hui, les studios renaissent à la vie. Chronique d’une histoire mouvementée.


Musée du film
Musée du film
L’histoire commence en 1911, lorsque la société de production cinématographique Deutsche Bioscop recherche un site près de Berlin pour y ouvrir un studio. Le choix se porte sur une ancienne usine de fleurs artificielles, à Neubabelsberg. Un premier film y est tourné, en 1912, Der Tontentanz, avec l’actrice fétiche danoise Asta Nielsen. Les studios, constitués sous la forme de la société Universal Film AG, UFA, connaissent un développement fulgurant et accueillent les plus grands films européens, parmi lesquels L’Ange bleu de Josef von Sternberg en 1930 avec Marlène Dietrich, ou les films de Jean Grémillon tels que Gueule d’amour avec Jean Gabin ou L’Etrange Monsieur Victor avec Raimu. Fritz Lang y tourne le mythique Metropolis en 1926 et Hitchcock y fait ses débuts comme assistant réalisateur. 
 

Vélo volant pour le film "Gritta von Rattenazuhausbeiuns" (1985)
Vélo volant pour le film "Gritta von Rattenazuhausbeiuns" (1985)
A la pointe du développement technique, les studios passent le cap du cinéma parlant avec aisance. L’architecte Otto Kohtz construit un bâtiment à l’intérieur de chaque bâtiment pour obtenir une isolation parfaite, particularité encore appréciée aujourd’hui.

Les choses se gâtent avec la montée en puissance du nazisme. Alors qu’un grand nombre d’artistes partent aux USA, Goebbels en personne prend la direction du studio et fonde la Deutsche Filmakademie Babelsberg. C’est le début de la propagande à large échelle. Les studios continuent de fonctionner sans discontinuer jusqu’aux dernières heures de la guerre.

Après 1945, l’UFA devient, sous le pouvoir communiste, la DEFA (Deutsche Film AG). Le film antifasciste et le film de propagande soutenus par l’Etat sont en vogue. Les studios gagnent le surnom de « Honnywood » en référence à Erich Honecker, leader de l’ex- RDA.

La production cinématographique est étroitement surveillée, même si certains films internationaux y sont tournés, comme Les Sorcières de Salem de Rouleau avec Yves Montand en 1957 ou, un an plus tard, Les Misérables de Le Chanois avec Jean Gabin. Après la chute du Mur en 1989, les studios qui tiraient l’essentiel de leurs revenus de l’Etat, doivent retrouver un second souffle.
 

Maquette du Guggenheim Museum pour le  film "L'Enquête"
Maquette du Guggenheim Museum pour le film "L'Enquête"
La DFA est cédée en 1992 au groupe français La Cie Générale des Eaux (Vivendi) avant d’être à nouveau vendue. Cotée en bourse dès 2005, elle prend le nom de Studios Babelsberg.

Misant sur le développement technique, des reconstitutions complètes de décors – une particularité par rapport à la plupart de leurs concurrents –  et des tarifs attrayants, les studios semblent avoir retrouvé une seconde jeunesse. Ils ont notamment attiré des productions internationales, comme par exemple Inglourious Basterds (Quentin Tarantino), The Ghost Writer (Roman Polanski), Passion (Brian de Palma), l'Enquête (Tom Tykwer)  ou encore The Monuments Men (George Clooney), pour n’en citer que quelques-unes.
 

Que voir à Potsdam autour du cinéma ?

Le musée du film

En plein centre-ville, un musée qui mérite le détour pour l’histoire du cinéma à Potsdam présentée de manière chronologique depuis 1912 et parce qu’il met non seulement en exergue les points forts des studios mais évoque aussi les périodes plus sombres et les difficultés auxquels ils ont été confrontés. En plus d’équipements techniques, de costumes, de plateaux de cinéma et d’extraits de films présentés de manière didactique, le musée fait également la part belle aux films eux-mêmes en proposant des projections régulières dans la salle de cinéma. Il organise également des événements et des rencontres autour du cinéma. Un musée intéressant également pour sa localisation dans les anciennes écuries des rois de Prusse construites en 1865 sur le modèle d’une orangerie par l’architecte Knobelsdorff qui s’était vu également confier la construction du château de Sans-Souci. Joli café attenant qui propose des petits plats délicieux.

Musée du film, Breite Str. 1A, 14467 Potsdam
 

Le Filmpark

Films 3D, simulateurs, spectacle de cascadeurs, décors grandeur nature : le divertissement est roi même s’il ne reflète pas à proprement parler la création cinématographique. L’expérience est en soi plutôt amusante même si les puristes pourraient rester sur leur faim. www.filmpark.de

Filmpark Babelberg, August-Bebel-Strasse, 14482 Potsdam

Tour en bus vidéo (Videobustour)

Une bonne idée qui consiste à parcourir la ville en bus pour se rendre sur les lieux de tournage en visionnant en même temps les films correspondants : l’occasion de (re)découvrir l’histoire cinématographique de Potsdam en même temps que les lieux disparus, ceux qui ont subsisté et l’évolution de la ville. 
Sur Internet: Video Sight Seeing
 

Villenkolonie Neubabelsberg
La « Villenkolonie Neubabelsberg » abrite les cossues villas construites à la fin du 19e siècle pour les riches Berlinois, qui ont accueilli ensuite les stars de cinéma du début du 20e siècle et ont servi plus tard de domicile provisoire aux chefs des Etats alliés réunis lors de la conférence de Potsdam en 1945. Départ de la gare du S-Bahn de Griebnitzsee en empruntant la Rudolf-Beitscheid-Strasse qui rejoint la Villenkolonie Neubabelsberg jusqu’au parc Babelsberg.

Texte et photos © Christine Ansermet

Plus d'informations:
www.potsdamtourismus.de

A découvrir également (en allemand):
Les articles de Léonard Wüst sur Potsdam

 

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