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Potsdam : les trésors d’une ville de lumière

Potsdam, ville de 150'000 habitants qui fut le lieu de résidence de la cour des rois de Prusse à une cinquantaine de kilomètres de la capitale officielle, Berlin, concentre un nombre impressionnant de trésors architecturaux, de lieux de culture exceptionnels, d’endroits insolites et de petits paradis de verdure. Coups de cœur.


Les incontournables
Sans-souci et le Nouveau Palais
Potsdam est indissociable de Sans-souci, joyau rococo foisonnant de motifs végétaux et animaliers édifié entre 1745 et 1747 sur ordre de Frédéric II au-dessus de six terrasses mêlant vignes et serres. Epris de littérature française, séduit par l’esprit des Lumières et par Voltaire avec qui il entretint une longue passion intellectuelle avant de se détourner de lui, le monarque donna à sa création un nom français.

Sans-souci © DA
Sans-souci © DA
Vingt ans après la fin de la construction de Sans-souci, Frédéric II entreprit la construction du Nouveau Palais à l’ouest du parc.

Contrairement à Sans-souci, créé comme un lieu intimiste dédié aux arts, la construction du très imposant Nouveau Palais n’est pas moins qu’un geste politique destiné à montrer que la Prusse n’avait en rien perdu de sa puissance à l’issue de la guerre de sept ans.

Rien n’était donc trop beau pour ce bâtiment ostentatoire à tout point de vue que Frédéric II lui-même appela une « fanfaronnade » : outre les appartements royaux, le bâtiment de 400 pièces comporte quelques salles qui méritent le détour telles que la Salle de la Grotte avec ses murs incrustés de coquillages et de minéraux ou la Salle de Marbre avec ses tableaux de peintres français du 18e siècle.
 

A voir également dans le parc de Sans-Souci d’autres curiosités édifiées par Frédéric II ou ses successeurs, comme par exemple la Galerie des peintures, conçue au départ pour accueillir les œuvres acquises par Frédéric II et qui comprend aujourd’hui une centaine de tableaux, parmi lesquels Rubens ou Le Caravage, Les Nouvelles Chambres, en fait l’ancienne Orangerie de style rococo transformée pour accueillir les hôtes de Frédéric II, la Grotte de Neptune qui met en scène le Dieu de la mer entouré de naïades et de tritons, la Maison chinoise, folie du 18e siècle inspirée d’un Extrême-Orient fantasmé, et le Pavillon des dragons, autre chinoiserie de la même époque et l’élégant Belvédère d’inspiration italienne détruit en 1945 et reconstruit au début des années 2000.

A voir également, le moulin hollandais, dont la construction initiale est antérieure à Frédéric II, mais qui a été incendié en 1945 avant d’être reconstruit dans les années 1980 selon le modèle du moulin hollandais existant au milieu du 19e siècle. Autres curiosités qui méritent le détour : le Jardin sicilien, situé en contrebas des Nouvelles chambres, planté de palmiers et d’agaves, agrémenté de statues et de tonnelles, la Nouvelle Orangerie, imposant bâtiment de 300 m datant de 1864, inspiré de la Villa Médicis à Rome et les Thermes romains qui intègrent, outre des thermes et un temple romain, une villa romaine avec ses arcades, ses mosaïques, son atrium et son caldarium.
 

L'Orangerie
L'Orangerie
Les Nouveaux Jardins, un parc au nord de la ville aménagé à la fin du 18e siècle pour Frédéric-Guillaume II sur les rives des lacs Heiliger See et Jungfernsee. Le parc, inspiré des jardins anglais, pour lesquels le monarque nourrissait une passion, s’agrémente d’édifices amusants ou insolites. Une longue avenue de maisons de garde de style hollandais borde l’entrée principale.

Au bout de l’allée, le Palais de Marbre servait de résidence d’été à Frédéric-Guillaume II. Le bâtiment doit son nom au marbre de Silésie dont sont constitués les pilastres et les encadrements de fenêtres. La Glacière, curieuse construction de forme pyramidale qui lui est reliée par un souterrain, servait à la conservation des aliments au moyen de la glace formée lors des hivers rigoureux par le gel du lac de Heiliger See et stockés à une profondeur de cinq mètres.

L’Etablissement hollandais adjacent au Palais de Marbre servait de logement pour les domestiques. Il fait face à l’Orangerie, construite en 1793 et gardée par des statues de divinités égyptiennes et un sphinx. A l’intérieur, la salle des Palmiers accueille, aujourd’hui comme autrefois, des concerts. Autre bâtiment insolite situé au Sud du nouveau jardin : la bibliothèque gothique qui abrite des ouvrages de langue française et allemande.
 

Potsdam, c’est aussi…

Des quartiers insolites : la ville doit à son ouverture sur le monde la construction de quartiers  inspirés de l’étranger. Ainsi, le quartier hollandais, situé en plein cœur de Potsdam, compte 134 maisons de style flamand, commande de Frédéric Guillaume I en 1752, pour y attirer les artisans hollandais afin de relancer l’économie locale. Succès mitigé de l’initiative pour le quartier qui connut par la suite des fortunes diverses. Totalement rénové, il abrite aujourd’hui cafés et boutiques. Autre curiosité : la colonie Alexandrowka au nord de la ville constituée de 13 maisons entourées de jardins que l’on doit à l’initiative de Frédéric-Guillaume III en 1812 pour y loger des artistes russes et qui donne, aujourd’hui encore, l’impression de débarquer dans un village russe. Autre fantaisie, celle de Charles de Prusse cette fois, le village suisse, situé à Klein-Glienicke: les quelques maisons qui subsistent après la destruction de certaines d’entre elles avec la construction du Mur, ont été construites en 1867 sur le modèle de chalets suisses après une visite du monarque dans ce pays.

Une ville de culture : Potsdam a abrité dès 1911 l’un des centres mondiaux de la production cinématographique. Après une période difficile marquée par le nazisme et la RDA, les studios de Babelsberg retrouvent aujourd’hui un rayonnement international (voir aussi notre article). Potsdam est également une ville de production théâtrale avec notamment le « Hans Otto Theater » inauguré en 2006, salle de 450 places situé à deux pas du centre-ville sur les rives du « Tiefer See » qui propose une programmation exigeante dans un bâtiment au toit en forme de coquillage signé de l’architecte Gottfried Boëhm.  
 

Des lieux mythiques : à l’image du pont de Glienicke qui constituait, du 13 août 1961 au 9 novembre 1989,  un poste frontière entre Potsdam, alors en RDA, et Berlin Ouest. Il est connu également sous le nom de « Pont des espions » car il a servi à plusieurs reprises durant la guerre froide de lieux d’échanges de prisonniers politiques et d’espions entre les deux blocs.

Il offre également un point de vue intéressant sur le château de Babelsberg, bâtiment de style néo-gothique anglais édifié entre 1835 et 1949.
 

Des espaces verts :  « L’île de l’amitié » au cœur même de la ville entre deux bras de la rivière Havel. Un jardin créé il y a un siècle, assez largement détruit durant la seconde guerre mondiale, avant d’être totalement restauré en 2001 pour y accueillir une très large variété de fleurs et d’herbes aromatiques et un café d’été qui organise des événements en saison.

Texte  © Christine Ansermet
Photos © Didier et Christine Ansermet

Plus d'informations:
www.potsdamtourismus.de

A découvrir également (en allemand):
Les articles de Léonard Wüst sur Potsdam
 

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