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Potsdam : une ville qui renoue avec son passé et se dessine un avenir

Lieu de résidence des rois de Prusse et de culture qui a attiré les plus grands artistes, penseurs et scientifiques, Potsdam est aussi le berceau des plus anciens studios de cinéma du monde. Mais elle aussi une ville meurtrie par la seconde guerre mondiale et, dès 1961, par la présence du Mur, symbole de la division de l’Europe. Aujourd’hui, Potsdam se réinvente en renouant avec le passé et se dessine un avenir. Visite guidée.


Stadtschloss de Potsdam
Stadtschloss de Potsdam
Si les châteaux et les monuments situés à la périphérie de Potsdam ont été relativement peu touchés par les destructions de la seconde guerre mondiale, le cœur historique du centre-ville a en revanche été anéanti en avril 1945 par un bombardement allié. Le « Stadtschloss », dont Frédéric II avait fait son palais dans un pur style rococo, a été littéralement pulvérisé de l’intérieur. Ce qui restait du bâtiment a été entièrement démoli dans le courant des années 1960, malgré les protestations d’une partie de la population, avant que l’emplacement ne serve de bretelle de boulevard. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que l’idée d’une reconstruction fasse son chemin.

En 2002, plusieurs mécènes de Postdam, dont le producteur de télévision Günther Jauch, financent le portail du château, ce qui marque la première étape concrète de la volonté de reconstruire le bâtiment.

En 2010, le premier coup de pioche d’un bâtiment conçu par l’architecte Peter Kulka et devisé à 110 millions d’euros, est donné. Si le Land de Brandebourg est parvenu à réunir la somme nécessaire à la reconstruction du bâtiment, l’enveloppe budgétaire ne prévoyait pas la reconstruction de la façade historique, malgré une pétition populaire demandant son rétablissement.

C’est finalement une donation de 20 millions d’Hasso Plattner, l’un des fondateurs de l’entreprise d’informatique SAP, qui a permis de reconstituer la façade historique au moyen de quelques 600 éléments des murs d’origine, dont des grandes sculptures, rescapés du dynamitages des années 1960.

Rien n’a subsisté ou n’a été reconstitué de l’intérieur rococo: inauguré en 2014, le bâtiment, qui abrite notamment les bureaux de 150 députés a été conçu de manière purement fonctionnelle. Sa façade ouest porte une inscription en français « Ceci n’est pas un château », clin d’œil au tableau de René Magritte, « La trahison des images ».
 

L’Eglise St-Nicolas

Directement en face du nouveau « Stadtschloss », l’Eglise St-Nicolas, construite au milieu du 19e siècle, qui rappelle avec sa coupole et ses colonnades corinthiennes, le Panthéon à Paris. Frappée également lors des bombardements de la seconde guerre mondiale, l’Eglise a été reconstruite au début des années 1980. Elle dispose depuis 2010 d’une galerie ouverte au public: du haut de ses 42 m, elle offre une vue plongeante sur la place, un panorama à 360 degrés sur la ville, sur ses (nombreux) chantiers en cours et les différentes périodes qui ont marqué sa construction.
 

Musée Barberini

La galerie de l’Eglise St-Nicolas offre également une vue imprenable sur le Musée Barberini, en chantier en mai 2016. Le bâtiment, construit  au 18e siècle sur l’ordre de Frédéric II d’après le modèle du Palazzo Barberini à Rome et agrandi au 19e siècle, a également été détruit par les bombardements de 1945 et les ruines débarrassées au cours des années d’après-guerre.

En 2013, dans la foulée  de la reconstruction du centre historique de Potsdam, la première pierre du Musée Barberini est posée.

Financé par la fondation Hasso Plattner, le nouveau bâtiment est construit en respectant strictement le modèle original mais en y intégrant les techniques de construction les plus abouties. Concrètement, le grès, fragile, se renforce de béton, l’acier s’insère dans la structure pour la solidifier.

Le nouveau Musée, qui sera inauguré en janvier 2017, abritera la collection privée de Hasso Plattner, dont certaines œuvres peu connues de Claude Monet, Auguste Renoir et Alfred Sisley mais aussi de l’art allemand du 20e siècle, de la RDA et de la période qui a suivi la chute du Mur, « une collection qui sera appelée à se développer au fil du temps », a assuré Ortrud Westheider, future directrice du Musée. 

Texte et photos © Christine Ansermet

Plus d'informations:
www.potsdamtourismus.de

A découvrir également (en allemand):
Les articles de Léonard Wüst sur Potsdam

 

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