Escapada.ch




Le web magazine des loisirs et des voyages


Rio de Janeiro : entre ciel, mer et terre

Des quartiers populaires aux hauts lieux touristiques, en passant par un centre-ville plutôt méconnu mais qui mérite la visite et une réserve naturelle intégrée au cœur même de la ville, Rio décline mille visages différents. Reportage au cœur d'une mégapole de 13 millions d’habitants.


© Mihai Simonia - Fotolia.com
© Mihai Simonia - Fotolia.com

Les incontournables

Le pain de sucre

Difficile de faire l’impasse sur le légendaire « Pain de Sucre », bloc de granit d’origine volcanique culminant à 395 m au-dessus de la baie de Guanabara, qui n’est pas moins que l’un des innombrables « morros » (signifiant collines) qui doit son nom à sa ressemblance avec les moules utilisés autrefois pour modeler le sucre.

Pour y monter, un téléphérique construit en 1908 pour l’exposition internationale. Cette première version en bois a été remplacée plusieurs fois. L’installation actuelle, mise en service en 1972, permet de transporter jusqu’à 73 personnes.

Elle relie dans une première étape le morro di Urca, à 220 km d’altitude, que l’on peut atteindre également à pied en une petite vingtaine de minutes, avant de rejoindre le sommet du Pain de Sucre.

La vue sur la ville, la baie et les plages y est magique, en particulier le matin,  lorsque la lumière donne au paysage ses contrastes les plus précis, ou le soir, lorsque le soleil cède progressivement sa place aux lumières de la ville.

Une belle initiation à celle que les  « cariocas » (les habitants de Rio) appellent aussi affectueusement la « cidade maravilhosa », la « cité merveilleuse ».


Le Cristo Redentor (le Christ Rédempteur)

C’est l’autre symbole de Rio, visible de partout, de jour comme de nuit. Œuvre du brésilien Heitor da Silva Costa et du français Paul Landowski, cette gigantesque statue de 30 mètres de haut perchée à 710 m d’altitude au sommet du Morro Corcovado, qui signifie « Mont Bossu », a été inaugurée en 1931 après cinq ans de travaux et presque un siècle de tergiversations.

Un premier projet avait en effet été proposé en 1859 par le père lazariste Pedro Maria Boss, séduit par l’endroit.  Avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat, suite à la proclamation de la République, le projet est abandonné. Il sera remis sur le métier au début des années 1920 dans le cadre des commémorations du centenaire de l’indépendance du pays et d’une influence à nouveau plus affirmée de l’église, pour devenir l’un des symboles les plus importants de la ville. En 2009, l’artiste franco-italien Gaspare Di Caro lui a donné des traits en l’illuminant par une projection d’image  relevée au GPS.

Pour découvrir la statue de près, deux possibilités : soit on emprunte la route qui part de Lagoa et traverse la forêt de Tijuca, soit on grimpe dans le petit train à crémaillère rouge qui part de la gare de Cosme Velho. L’engin, créé à des fins strictement touristiques, a été inauguré en 1884 par l’empereur Pierre II du Brésil. Un parcours en soi intéressant pour les belles échappées qu’il offre à travers  la forêt de Tijuca.
 

Mais Rio, c’est aussi…

© granitepeaker - Fotolia.com
© granitepeaker - Fotolia.com
…Un centre ville

Plutôt méconnu mais qui mérite la visite pour plonger au cœur de la vie active de la cité et découvrir les quartiers marchands, mélange parfois insolite de gratte-ciel et de bâtiments anciens construits durant la période coloniale.

… Des quartiers pittoresques

Notamment, Lapa et Santa Teresa, des quartiers qui renaissent à la vie culturelle avec la réouverture d’un certain nombre de bars à musique après un assoupissement de plus de 80 ans dû, à l’époque, à la fermeture des établissements nocturnes pour cause  de prostitution galopante.

Le quartier de Santa Teresa, souvent comparé à Montmartre pour ses rues en pente et les artistes qui y exposent leurs œuvres tous les dimanches matins, se distingue par ses maisons aux formes parfois insolites et à ses escaliers décorés de mosaïques.
 

© jantima - Fotolia.com
© jantima - Fotolia.com
A voir car offrant un point de vue intéressant sur le centre et la Baie de Guanabara: le Musée Chacara do Céu qui, installé dans la demeure de Raymundo Ottoni de Castro Maya, riche mécène disparu en 1968, propose deux collections. La première est consacrée à l’art brésilien, la seconde à l’art européen parmi laquelle figurent quelques œuvres de Picasso, Degas, Dali, ou encore Courbet, dont certaines ont toutefois été dérobées durant le carnaval 2006.

Insolite, le « Parque da Ruinas », littéralement Parc des Ruines, vestige de l’hôtel particulier Murtinho Nobre. Erigé au tournant du 20ème siècle, le bâtiment a servi de résidence à Laurinda Santos Lobo, une riche mécène qui en avait fait un haut lieu de la vie sociale et culturelle carioca  dans les années 1920. Le lieu a été laissé à l’abandon au décès de la maîtresse des lieux. Les ruines de la demeure ont été classées en 1997 par le  Governo do Estado do Rio de Janeiro et réhabilitées par l’architecte Ernani Freire pour en faire un centre culturel. Proposant des expositions temporaires, il comprend également un auditorium de 100 places, dont l’une des fenêtres ouvre directement sur le pain de sucre.

… une nature omniprésente

La nature est partout à Rio. Entre lianes folles et racines des arbres qui font sauter le bitume, la forêt rappelle qu’elle était là bien avant l’arrivée des  Portugais en 1565. Elle était à l’époque une jungle profonde. L’exploitation du sol pour le bois et le charbon, les plantations de cannes à sucre et de café ont conduit toutefois à sa disparition progressive. Glissements de terrain et pénuries d’eau en ont été la conséquence, la forêt ne jouant plus son rôle protecteur d’équilibrage des sols et de protection des sources d’eau. En 1861, l’empereur Dom Pedro II engagea un programme de reforestation, le premier du genre, en promulguant un décret qui prévoyait pas moins que l’expropriation des terres en vue de recréer le biotope originel. Si, comme on peut s'en douter, la mesure n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde, elle a toutefois permis de replanter près de 100'000 arbres en une quinzaine d’années.

Accédant au statut de parc national en 1961 et déclarée « réserve de biosphère » par l’Unesco en 1991, celle que l’on appelle aujourd’hui la forêt de Tijuca abrite sur une superficie de quelque 3900 hectares situés en contrebas du Corcovado, une faune et une flore extrêmement riches. Un lieu ouvert au public qui alterne cascades, étangs, ponts et belles fontaines en fer. A voir également le jardin botanique pour ses 6'500 espèces végétales du monde entier. Ouvert au public en 1822, il mérite la visite pour sa palmeraie impériale aussi ancienne que le jardin lui-même,  ses nénuphars géants d’Amazonie, sa roseraie et ses plantes carnivores.

Texte et photos sans mention © Didier Ansermet
 

Rio de Janeiro





Partager ce site