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Salins-les-Bains, Cité Comtoise de Caractère

Située au cœur de la vallée de la rivière Furieuse, affluent de la Loue chère à Courbet, la ville de Salins-les-Bains est dominée par deux ensembles fortifiés, le Fort Saint-André reconstruit par Vauban entre 1674 et 1677 et le Fort Belin. Associée aux villes voisines, Arbois et Poligny, elle forme le « Pays du Revermont ».


Salins-les-Bains, Cité Comtoise de Caractère
La « ville-rue » de Salins-les-Bains s’étire, majestueuse, tout au long de la rivière Furieuse. Ville nature entourée de forêts fumantes de brume dans le frais du petit  matin. Ville importante dès l'Antiquité, elle sera site princier et l’un des plus grands centres religieux de Gaule sous les Celtes, puis oppidum sous les Romains. Salins était située sur l’ancienne voie internationale reliant le Bassin parisien à l’Italie, par le col du Grand Saint-Bernard.

Importante ville d'eau, l'économie de Salins a été basée pendant plusieurs siècles sur l'exploitation du sel. Les premières traces d'extraction datent de l’« or blanc » du Vème siècle. Au Moyen Âge, le sel contribue à faire de la ville la seconde cité de Franche-Comté avec plus de 8’000 habitants, 17 chapitres religieux, plus de 25 tours d'enceinte. Deux salines existent en 1115 : la Petite Saline, avec le puits à Muire, et la Grande Saline, avec le puits d'Amont.

En 1825, un terrible incendie frappe la ville. Le bilan est catastrophique : plus de 300 maisons sont détruites et une partie de la Grande Saline est détruite.

1880 : âge d’or pour le thermalisme salinois

Salins-les-Bains bénéficie d'un microclimat vivifiant. Sous le Second Empire, Salins connaît un certain renouveau et devient une élégante station thermale. Un homme d’affaires, Grimaldi, rachète la concession royale d’exploitation des Salines en 1854 et fait construire une station thermale sur l'emplacement de la Petite Saline.

1880 marque l’âge d’or du thermalisme à Salins où afflue une clientèle régionale, parisienne et internationale (Russes, Américains, Australiens). La ville prendra le nom de Salins-les-Bains en 1926.

Aujourd’hui, l'avenir économique de la cité – 3'000 habitants, label Pays d'Art et d’Histoire - dépend de trois axes : tourisme, thermalisme et santé. L’établissement thermal utilise les eaux salées pour le traitement des rhumatismes, mais également pour la détente et le bien-être. Un nouvel établissement est en projet et des thermes plus grands devraient être inaugurés en 2016.

Une grande page de l'histoire de la ville se tourne en 1962. En effet, l'évolution des techniques, le manque de place, la conservation par le froid auront raison de la Saline de Salins qui fermera ses portes en 1962. Suivie par la fermeture, en 1998, des faïenceries de belle notoriété, spécialisées depuis 1857 dans la fabrication de services de table et articles de haut de gamme.

Salines liées historiquement

* Légende et crédits
* Légende et crédits
La Grande Saline de Salins-les-Bains (Jura) a été reconnue en juin 2009 au Patrimoine mondial de l’UNESCO en extension de l’inscription de la Saline Royale d’Arc-et-Senans (Doubs) en 1982.

Ces deux salines sont liées historiquement. Une double conduite de bois et de fonte permettait la circulation des eaux salées de Salins-les-Bains à Arc-et-Senans: les saumoducs.

Un circuit de randonnée de 30 km, le sentier des Gabelous - les gendarmes de cet or blanc très convoité par les contrebandiers - relie les deux sites.

Salins fut également une importante cité vigneronne : les vignes recouvraient les coteaux au pied des Forts et du Mont Poupet, qui culmine à 851 mètres d'altitude,  avant la crise du phylloxéra. La ville choisira de ne pas replanter de vignes afin de se consacrer à la production de sel.


Ce Mont Poupet entrera dans l'histoire le 3 octobre 1860 avec l'expérience que Louis Pasteur y conduisit sur la génération spontanée. Ayant compris que la pureté de l'air augmentait avec l'altitude, en faisant pénétrer de l'air dans des ballons remplis sous vide de levures, le savant entreprit de démontrer que les microbes ne pouvaient pas naître spontanément. Sur vingt ballons, seuls cinq fermentèrent, ce qui contribua à réfuter la théorie de la génération spontanée…

Découvertes d’une ville stratégique

Le Dôme de Notre Dame Libératrice (XVIème siècle) et ses tuiles vernissées domine le bourg. Grande est la dévotion des Salinois à ND Libératrice : en 1639, la ville avait formulé le triple vœu d'être épargnée contre la famine, la guerre et la peste. Des processions sont organisées annuellement.

L’Hôtel de Ville de style néo-classique date du XVIIIème siècle, l’église St-Maurice du XIIIème, où l’on peut voir un vitrail reproduisant la ville de Salins en 1628, selon le tableau ancien présenté à la Saline. Le Bâtiment du Temple est impressionnant : il s’agit de la première Commanderie des Templiers implantée à Salins au XIIème siècle. La Tour Ronde et la Tour Carrée faisaient partie des remparts entourant la ville. La Fontaine St-Nicolas fut utilisée par les ouvriers de la Saline pour tisser les paniers destinés à exporter le sel.


En 1363, des bourgeois et des notables fondent à Salins le plus ancien mont-de-piété. Leur objectif être solidaires de leurs concitoyens, se regrouper et prêter de l’argent à des taux tolérables. En 1885, le premier Crédit agricole de France s’établit à Salins.

De belles demeures subsistent dont la plus impressionnante est celle dite du Gouvernement à la porte monumentale du XVIIIème, due sans doute à l’architecte Claude-Nicolas Ledoux. Les maisons aristocratiques étaient les logis urbains des chevaliers, des seigneurs locaux, des banquiers, négociants, propriétaires de domaines viticoles installés à Salins, devenue la capitale économique de la Franche- Comté.

L’ancien bâtiment des Bains-Douches témoigne de l’effervescence du thermalisme salinois et porte encore sur son fronton les inscriptions : Propreté Santé Hygiène. Au 60 rue Pasteur, se trouve la maison de la famille paternelle de Louis Pasteur.

Le casino – le plus vieux créé en France en 1890 – fut détruit dans un incendie en 2007, et a été reconstruit dans une plaisante architecture contemporaine, entourée de pans dʼacier rouillé présentant la rugosité d’un site industriel. Chaque année, 25’000 personnes fréquentent les thermes ; les anciennes Salines et le Musée du sel attirent plus de 80'000 visiteurs.

Les promenades sont nombreuses et c'est du site du Mont Poupet que delta-planes et parapentes prennent leur envol. Le sentier des Gabelous est à découvrir, à pied, à VTT ou à cheval. En 15 étapes à travers 15 panneaux explicatifs et équipés de QR-codes, cette promenade retrace l’histoire d'une terre marquée par sept millénaires d'histoire avec le sel…

Office de Tourisme - Place des Salines
39110 Salins-les-Bains
www.salins-les-bains.com
 
Texte et photos sans mention  © Françoyse Krier
francoyse.krier@escapada.ch

* Légende et crédits: La Grande Saline de Salins-les-Bains et l'entrée du Musée du sel. ©Musées des techniques et cultures comtoises/Cl. Y. Goux

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