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Sur la route de la Dombes : les secrets d’un terroir

Entre Lyon et Genève, se dessine un territoire dont les caractéristiques naturelles ont façonné l’histoire, la culture et une gastronomie haute en couleurs. Reportage au pays des « mille étangs ».


La Dombes n’usurpe pas son nom de « pays aux mille étangs » puisqu’elle en compte pas moins de 1'200, ce qui la place au premier rang des régions de pisciculture en eau douce de France.
 

Si la Dombes a eu longtemps l’apparence d’un vaste marécage insalubre, les premiers étangs apparurent dès le 11e siècle avec la venue des moines bénédictins. « Les étangs, qui servaient de viviers à poissons, assuraient la subsistance de toute une région qui profitait également de la proximité de Lyon pour y écouler sa production », explique avec passion Joseph-Pierre Seve, pisciculteur connu dans toute la région sous le nom de « Minou ». Une opération convaincante dont l'une des conséquences fut une augmentation rapide du nombre d’étangs. La Dombes en a compté en effet jusqu’à 2'000. Tout un chacun pouvait créer son plan d’eau : il suffisait pour cela d’obtenir une autorisation, par ailleurs assez facilement accordée, pour élever une digue sur ses terres afin d’y retenir l’eau de pluie. Cette profusion d’étangs eut toutefois pour conséquence une recrudescence de la malaria dans la région.
 

Sur la route de la Dombes : les secrets d’un terroir
Il fallut alors trouver un équilibre entre salubrité et subsistance et édicter des règles pour éviter un développement anarchique des étangs.

Dès le début du 16e siècle, un ensemble d’us et de coutumes définissent alors les règles de fonctionnement entre les étangs qui, souvent superposés et reliés par un canal de vidange, déversent leurs eaux les uns dans les autres. Ces lois orales, codifiées en 1881 par Y. Truchelut, font force de loi encore aujourd’hui. Elles prévoient notamment les phases d’évolage et celles d’assec de l’étang vidé de son eau qui accueille des cultures céréalières, le temps d’une saison, avant d’être nettoyé l’automne suivant et de redevenir un étang pour une nouvelle période de 3 à 4 ans. C’est aussi en automne qu’a lieu la pêche dans les étangs, un travail pénible qui consiste à déployer la « traîne », un filet qui mesure plusieurs dizaines de mètres, dont la partie inférieure est lestée de boules de plomb, avant de le retirer avec précaution pour éviter que les poissons ne s’échappent, supportant ainsi à bout de bras une charge de plusieurs tonnes.
 

Un patrimoine naturel exceptionnel

Ce biotope extraordinaire a pour particularité d’abriter des espèces qui le sont tout autant. La Dombes représente une part importante de la production nationale de poissons d’eau douce avec notamment près de 1000 tonnes de carpes par an, soit plus de 27% de la production nationale, 400 tonnes de gardons et de rotengles, 200 tonnes de tanches et 50 tonnes de brochet. Elle accueille également, de par la richesse naturelle de ses étangs et du fait qu’elle se situe sur les couloirs de migration entre l’Europe et l’Afrique,  une variété d’oiseaux exceptionnelle. 

Sur la route de la Dombes : les secrets d’un terroir
C’est en effet dans la Dombes que l’on peut observer, par exemple, de larges colonies de Guifette moustac qui apprécient les végétaux flottants des étangs, comme la renoncule aquatique, pour y construire leurs nids. Les hérons cendrés, les blonglios ou encore les grèbes, qu’ils soient huppés, castagneux ou à cou noir, les oies cendrées, les balbuzards pêcheurs ainsi que toute une variété d’espèces sur les chemins de la migration ou non, certaines en voie d’extinction, y trouvent  leur bonheur.

Texte et photos © Christine Ansermet

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Bourg-en-Bresse | Dombes et Saône





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