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Univers de splendeur, le musée Baccarat à Paris, entre rêve et réalité

Le musée Baccarat est installé dans un splendide hôtel particulier, ancienne demeure de Marie-Laure de Noailles, au cœur du XVIe arrondissement de Paris. L’architecte Philippe Starck en a fait un véritable palais de cristal.


Maison Baccarat © Claude Weber
Maison Baccarat © Claude Weber
Marie-Laure Bischoffsheim était la petite-fille de Laure de Sade, comtesse de Chevigné, l'un des modèles de la duchesse de Guermantes de Marcel Proust. Elle épousa en 1923 le vicomte Charles de Noailles, neveu de la poétesse Anna de Noailles qui appréciait tant la région d'Evian et dont le cœur repose au cimetière d'Amphion-les-Bains.

© FK
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Des années 1920 aux années 1950, l'hôtel particulier de ce couple-mécène fut le théâtre de réceptions somptueuses où la haute société côtoyait les artistes et les intellectuels du moment. Francis Poulenc, Darius Milhaud, Man Ray, Jean Hugo, Luis Bunuel, les frères Giacometti, Jacques Lacan, Jean Cocteau et de nombreuses personnalités fréquentèrent les salons de leur muse, Marie-Laure de Noailles, qui y donna les bals les plus inventifs.

Fin XIXème siècle, la maison Baccarat fait construire un dépôt et atelier de bronze, rue de Paradis à Paris. Ce bâtiment deviendra musée en 2003. Pour réanimer cette Belle au Bois Dormant, Baccarat offre alors carte blanche à Philippe Starck.

En véritable magicien, le designer revoit  entièrement la décoration de ce splendide édifice construit en 1895 dans le style néo-Louis XVI par l’architecte Sanson, associant esprit surréaliste et savoir-faire. Cet endroit dédié à la magie du cristal de Baccarat accueille sur 3’000 m2 le siège de Baccarat, une boutique, un restaurant, ainsi que la galerie-musée.

Ecrin de collections légendaires

Dès l’entrée, le visiteur est sous le charme... et le choc. Les murs du porche sont ornés de miroirs biseautés et de deux cheminées monumentales également faites de miroirs. Au fond, le somptueux lustre « Zénith » trempe à moitié dans un aquarium – structure spécialement conçue en inox avec  24 lumières équipées de 430 fibres optiques.

© FK
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Un ascenseur en verre rougeoyant. Deux vases géants flanqués de visages mobiles imaginés par l’illusionniste-designer Philippe Stark. Un tapis d’honneur écarlate illuminé par d’innombrables petites lumières mène le visiteur qui ne sait plus vers quelle merveille se tourner, au hall d’accueil.

Une chaise en cristal d’environ deux mètres cinquante trône au pied de l’escalier d’honneur dont la rampe est ornementée d’une boule prestige en cristal.

Un candélabre surmonté de verrines en cristal clair et de verrines rouges côtoie un « modeste » banc réalisé dans du bois des Vosges qui rappelle les origines lorraines de la célèbre manufacture.

Au plafond, le lustre majestueux en cristal à cascades « 157  lumières » tournoie lentement, illuminant les marches de pierre amenant au premier étage. Comme sur chaque lustre et candélabre Baccarat, la plus raffinée des signatures – une pampille octogonale de cristal rouge rubis, goutte de feu, de sang – est présente. Philippe Starck en reprendra la forme et la couleur pour créer le verre Darkside Aïe.

A l’étage, bancs et fauteuils capitonnés de couleur pastel, griffés du célèbre designer, ont trouvé tout naturellement leur place dans ce lieu de raffinement et d’élégance.

Baccarat et l’Orient, la Russie, les Amériques...

Le premier espace  « Folie des Grandeurs » expose les pièces monumentales et les grands candélabres de prestige. Plus loin, la pièce « Alchimie » est entièrement décorée par Gérard Garouste, inspiré par l'un des mythes fondateurs de l'humanité, la légende de l'Athanor.

© Claude Weber
© Claude Weber
Un dais illustre cette allégorie par le thème des quatre éléments: l'Eau, la Terre, l'Air et le Feu, indispensables à la fabrication du cristal. Cette pièce accueille les objets phares des collections Baccarat, tel l'extraordinaire  « Vase Simon » en cristal rouge taillé pour l'exposition universelle de 1867.

Dans l'espace   «Au-delà de la transparence, on peut admirer des pièces légendaires comme le service à moka turc aux émaux polychromes, pièce maîtresse de l'Exposition de 1878, et de prestigieuses commandes. Parmi ces chefs-d'œuvre, figurent de majestueux lustres, luminaires et candélabres, des centaines de pièces d'exception créées dans les ateliers Baccarat depuis 1764 pour les cours royales et impériales de l'Europe entière, des objets précieux ayant appartenu à des souverains et personnalités du monde entier, des maharadjahs aux empereurs japonais, en passant par les présidents des Etats-Unis et des rois d'Arabie.

Dans les années 1930, le maharadjah de Gwalior commande à Baccarat un lustre d'exception. Transporté avec soin, le Hall Oriental est si lourd qu'à peine installé, le plafond du palais s'écroule sous son poids. Le maharadjah commande un second lustre et avant de l’accrocher, fait monter un éléphant sur le nouveau toit, pour s'assurer de sa solidité...


Candélabre dit du Tsar, chaise et guéridon Ferrières en cristal datant de 1883, verres  «Pour le yacht » commandés par le prince de Galles Edouard VIII, service Juvisy au chiffre RF, acquis en 1899 par Emile Loubet pour l'Elysée... De la cave à liqueur Eléphant au vase à décor de poisson japonisant, en passant par le lustre Marie Coquine griffé Starck.... tout ici raconte une histoire racontant les différentes facettes du savoir-faire de Baccarat: flûtes et coupes gravées, seaux à champagne délicatement dorés à l'or fin, flacons de parfums - dont le célèbre flacon « Abeille »  réalisé pour la maison Guerlain en 2010, service iconique Harcourt, ainsi que les collections à édition limitée des grands créateurs...

Cadre flamboyant, mémoire intacte

La salle de bal de Noailles a été conservée à l'identique avec ses boiseries, moulures et dorures à l'or fin, ses deux cheminées monumentales, ses lustres à pampilles, ses moulures et dorures à l'or fin et la toile peinte par Francesco Solimena, élève de Tiepolo.

© FK
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Dans l’ancienne salle à manger Louis XIV de Marie-Laure de Noailles, se trouve le restaurant Cristal Room Baccarat, fait de lambris et dorures.

De grands panneaux de chêne jouxtent des murs aux briques apparentes. Les lustres se reflètent à l’infini dans de vastes miroirs, les tables habillées de nappes invitent à savourer une cuisine haut de gamme orchestrée par le chef étoilé Guy Martin.

Passage dans un petit salon tout de rose et noir revêtu – plafond capitonné, lustre noir griffé Starck, bougeoir, belle commode argentée – avant de se rendre sur le balcon donnant sur le parc, et qui, comble du raffinement, comporte des miroirs ornés de candélabres, tout comme la façade de l’illustre demeure. Les différents espaces –  restaurant, salle de bal, salons – peuvent être privatisés pour des évènements d'exception.

Dans un immense salon du rez-de-chaussée, orné d'imposantes vitrines où est mis en valeur tout l'art de vivre de Baccarat, une table lumineuse en cristal de treize mètres de long présente des collections d'art de la table. Dans les salles adjacentes, on retrouve l'éventail complet des créations Baccarat: décoration, luminaires, bijoux, créations.... Baccarat exalte la beauté, la féerie, l'art et la perfection, la fête des sens autour d'une table magnifiée par des objets sublimes qui procurent une émotion rare.

Musée Baccarat
11 place des États-Unis
75116 Paris
Internet: Baccarat  
 
Texte © Françoyse Krier

Liens:

- Beau livre à lire sur l'histoire de Baccarat

- Visite de la Manufacture et de la ville de Baccarat


 

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