Escapada.ch




Le web magazine des loisirs et des voyages

Vallée d’Aoste : un château dans (presque) chaque village

Plus petite région d’Italie blottie au cœur des Alpes occidentales, la Vallée d’Aoste est à la croisée de tous les chemins. Limitrophe de la France et la Suisse, elle a été de tout temps un lieu de passage obligé et de perception des péages puisqu’elle était le seul accès aux cols alpins. Plus de 200 tours, maisons fortes, forts et châteaux ont fleuri au fil des siècles. Découverte.


C’est une véritable page d’histoire qui se décline à travers les bâtiments disséminés le long de la vallée centrale et construits dès le 11e siècle et jusqu’à l’aube du 20e siècle. D’abord dans un but strictement défensif et de contrôle, et, au fil du temps en mettant de plus en plus l’accent sur l’aspect résidentiel et décoratif, dans le souci également de valoriser la puissance de leurs propriétaires.

Château de Verrès
Château de Verrès
Ainsi, aux simples tours équipées de remparts comme les châteaux visibles encore aujourd’hui de Graines, de Châtel-Argent et de Cly, succèdent des châteaux comme celui de Verrès, bâtiment à l’extérieur compact et austère construit au 14e siècle à des fins défensives mais qui abrite des salles dotées de cheminées et de fenêtres gothiques à l’élégance raffinée. Témoin du Moyen-Age réaménagé au cours du temps, le château de Sarre a été intégralement reconstruit dès le 18e siècle et embelli de fresques pour se faire résidence d’été et de chasse du roi Victor-Emmanuel II.

Le château de Fénis, bien que doté d’un important appareil défensif, n’en n’est pas moins une résidence seigneuriale magnifiquement décorée de fresques. Dans la catégorie des châteaux plus récents, le Castel Savoia à Gressoney Saint-Jean, construit pour la reine Marguerite de Savoie à la fin du 19e siècle, réunit tous les ingrédients de la demeure de conte de fées avec ses cinq petites tours pointues et ses décorations de marguerites. Tous ces châteaux ne sont pas accessibles, certains sont en mauvais état même si leurs ruines apportent une touche romantique au paysage. Nos pas nous ont conduits au Château d’Issogne et au Fort de Bard, deux exemples intéressants, à des titres différents, d’architecture régionale.
 

Château d’Issogne

Certainement l’un des exemples les plus aboutis de l’évolution de l’architecture résidentielle au seuil du 16e siècle, le Château d’Issogne doit l’essentiel de son aspect actuel à l’un des membres de la puissante famille de Challant, Georges, mécène, auquel est attribuée l’extraordinaire expansion artistique du gothique tardif en Vallée d’Aoste.
 

Vallée d’Aoste : un château dans (presque) chaque village
Parmi les points forts de la visite : la fontaine octogonale située au milieu de la cour avec l’arbre du grenadier en fer forgé grandeur nature qui symbolise la prospérité et un cycle de fresques assez bien conservé sur les façades qui célèbre la grandeur de la famille de Challant.

Sous le portique au fond de la cour, six lunettes peintes à fresques, sorte de BD historique qui représente des scènes de la vie quotidienne. La chapelle, la salle à manger, la cuisine et les chambres dont l’ameublement, constitué de pièces originales ou réalisé à partir d’originaux à la fin du 19e siècle par l’un des propriétaires du château, le peintre turinois Vittorio Avondo, pour correspondre  au caractère gothique tardif de la demeure, méritent le coup d’œil.

Mais surtout, ce sont les graffitis laissés au fil des siècles par les visiteurs du château qui confèrent à cette demeure son émouvante singularité en exprimant, comme on peut le voir couramment aujourd’hui sur les murs de nos villes, les préoccupations du moment, qu’il s’agisse de déclarer sa flamme à l’être aimé ou de se plaindre du fisc, ou de simplement laisser sa trace en gravant son nom dans la pierre.

Château d’Issogne
Place du château
11020 Issogne


Fort de Bard et musée des Alpes

Aucun doute sur la vocation défensive de ce gigantesque bâtiment de 15000 m2, déployé sur plus de 100 m de dénivelé, qui offre une vue plongeante sur toute la vallée: le site du Fort de Bard a abrité dès le 6e siècle après J.-C  une garnison chargée de protéger les limites de l’Empire. Le château initial, signalé comme le plus ancien de la Vallée d’Aoste, a été transformé au fil des siècles et de l’histoire.

 

Vallée d’Aoste : un château dans (presque) chaque village
Propriété de la famille Bard, avant de passer aux mains des Savoyards au 13e siècle, le bâtiment s’est distingué par une résistance acharnée opposée aux troupes de Napoléon en mai 1800. Quelques jours de siège qui ont suffi à exaspérer Napoléon pour qu’il fasse raser le « vilain castel de Bard».

Reconstruit, le fort se dote de prisons, utilisées notamment lors de l’insurrection des Socques en 1854, avant de devenir un dépôt de munitions. Aujourd’hui, il est totalement dédié à la culture avec, en plus de salles d’expositions, plusieurs parcours thématiques et une cour qui accueille des représentations théâtrales. Ses ascenseurs panoramiques, qui relient les différents niveaux du bâtiment, offrent une vue époustouflante sur la vallée et le bourg médiéval de Bard. A voir en particulier le « musée des Alpes », qui occupe tout le premier étage, et raconte le massif alpin sous tous ses aspects à travers une muséographie interactive et didactique.

Fort de Bard / Musée des Alpes
www.fortedibard.it

Texte et photos: Christine Ansermet

Pour plus d'informations: châteaux en Vallée d'Aoste



 

Vallée d'Aoste





Partager ce site